Le droit à la santé

20 minutes - L’homéopathie est au cœur d’une polémique en Italie.

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

En Italie, un enfant de 7 ans est mort après une otite soignée avec de l’homéopathie.

Selon les médecins, ce n’est pas l’homéopathie en elle-même qui est dangereuse, mais le fait de ne pas avoir consulté un médecin alors que l’état de l’enfant ne s’améliorait pas.
Plus d’un Français sur deux a déjà utilisé l’homéopathie pour se soigner.

En Italie, un jeune garçon de 7 ans est mort des suites d’une simple otite, alors qu’il suivait un traitement homéopathique. Cette pratique, qui s’est invitée au cœur du débat, est efficace dans certains cas, mais ne doit pas être utilisée systématiquement, préviennent les médecins.
Adapter le traitement

Les parents du petit garçon, commerçants près d’Ancone, sont des inconditionnels de l’homéopathie. C’est comme cela qu’ils ont soigné leur enfant depuis l’âge de 3 ans. Jusqu’à sa dernière otite, qui a dégénéré : l’infection s’est propagée au cerveau. Après 15 jours de fièvre ininterrompue, le petit garçon a été amené inconscient aux urgences, où il a perdu la vie.

Ce drame n’aurait pas dû se produire, estime Charles Bentz, médecin généraliste et président du Syndicat national des homéopathes. « C’est une affaire absolument tragique. Il y a des responsabilités médicales, peut-être familiales. Normalement, le traitement agit en quelques heures. Si ça n’agit pas, c’est qu’il n’est pas approprié et il faut réévaluer la situation. »

>> A lire aussi : Pharmacie. Boiron fabrique ses médicaments homéopathiques en Gironde, depuis 45 ans

Selon lui, la famille aurait dû consulter un médecin pour adapter le traitement et passer de l’homéopathie à l’allopathie, les médicaments classiques. « Si je prescris un antibiotique à un patient et que je persiste pendant 15 jours malgré le manque d’effet, je mets sa vie en danger. Ce n’est pas lié à l’antibiotique, c’est qu’il n’était tout simplement pas adapté. Mais certaines familles utilisent l’homéopathie pour des raisons idéologiques, presque religieuses », dénonce-t-il. Une conception de la médecine qu’il voudrait faire oublier. « Ça peut aussi être complémentaire de la médecine traditionnelle. »
« Il existe sur l’homéopathie des croyances un peu magiques »

L’homéopathie a été inventée au début du XIXe siècle par l’allemand Samuel Hahnemann. Le principe est simple : des principes actifs naturels (minéraux, végétaux ou animaux) sont abondamment dilués et pulvérisés sur des petites billes blanches que l’on place sous la langue, ou dans des crèmes. Sans effets secondaires, elle est particulièrement recommandée pour les femmes enceintes et les enfants.

Cette médecine alternative, dont l’efficacité est remise en cause par plusieurs études, a conquis bon nombre d’adeptes, qui vont parfois jusqu’à refuser la médecine traditionnelle. « Bien sûr, on croise des patients qui refusent l’allopathie, surtout chez les adolescents quand leurs parents sont médecins », affirme Rachel Bocher, psychiatre au CHU de Nantes et présidente de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH).

« Il existe sur l’homéopathie des croyances un peu magiques. Cette médecine est efficace dans certains domaines mais pas sur toutes les pathologies », nuance-t-elle. « Après, la question du traitement est aussi celle de la relation du médecin avec son patient. Il nous faut comprendre leurs difficultés. »

Malgré les controverses, en France, une personne sur deux a déjà utilisé l’homéopathie pour se soigner, et cette médecine alternative est partiellement remboursée par l’Assurance maladie.