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Lequotidiendumedecin.fr : 3089 établissements, 910 maisons de santé, 20 millions de passages aux urgences… : le système de santé déchiffré par la DGOS

il y a 3 semaines, par infosecusanté

3089 établissements, 910 maisons de santé, 20 millions de passages aux urgences… : le système de santé déchiffré par la DGOS

Marie Foult

26.01.2018

La Direction générale de l’offre de soins (DGOS, ministère de la Santé) vient de dresser un panorama exhaustif et actualisé du système de santé français dans ses « chiffres clés », publiés cette semaine.

Plus d’hôpitaux, plus de séjours

On recense exactement 3 089 établissements hospitaliers en France : 1 389 sont publics (45 %), 1 009 privés à but lucratif (33 %) et 691 privés d’intérêt collectif (ESPIC, 22 %). Le parc hospitalier dispose de 408 245 lits (dont 253 364 dans le public) et de 72 789 places.

La DGOS comptabilise donc près de 400 hôpitaux de plus que dans son panorama 2015, où elle recensait 2 694 établissements – dont 947 structures publiques (35 %), 1047 cliniques et 700 ESPIC.

Autre nouveauté : le déploiement de 135 groupements hospitaliers de territoire (GHT) regroupant 891 établissements.

L’activité est en augmentation avec 18,6 millions de séjours MCO comptabilisés en 2016 (pour 12,2 millions de patients), soit un demi-million de plus qu’en 2015.

Les 645 services d’urgence ont enregistré 20,3 millions de passages et les services d’aide médicale urgente (SAMU) reçu 28 millions d’appels. Le ministère recense aussi 339 maisons médicales de garde (MMG) et 580 médecins correspondants du SAMU.

Le boom de l’ambulatoire

Depuis 2014 et le croisement des courbes de chirurgies conventionnelle et ambulatoire, la prise en charge en moins de 12 heures poursuit sa progression. Agnès Buzyn a fixé à 70 % le nouvel objectif de taux de recours pour 2022 (56,8 % aujourd’hui).

L’hospitalisation à domicile (HAD) a réalisé 4,9 millions de journées en 2016 pour 110 000 patients avec une moyenne de 27,6 jours d’hospitalisation. Une activité en progression mais encore minoritaire dans le paysage sanitaire français.

Davantage de médecins salariés

Tous modes d’exercice confondus, on recense 223 571 praticiens. Un peu moins d’un sur deux (105 872) travaille exclusivement en ville et 24 134 ont un exercice mixte. Le reste des effectifs se répartit entre 66 596 praticiens hospitaliers (30 % du total) et 26 969 autres salariés (12 %). Le nombre de salariés est en légère augmentation quand le nombre de libéraux stagne. La DGOS comptabilise également 28 737 internes et 42 800 étudiants en médecine.

Les maisons de santé pluridisciplinaires ont connu un essor rapide en cinq ans. En 2017, on dénombre 910 MSP contre seulement 174 en 2012... 1 933 centres de santé sont en fonctionnement.

La tutelle recense 30 plateformes territoriales d’appui (PTA, censées accompagner les professionnels lorsqu’ils se trouvent en difficulté dans la gestion d’une situation complexe) et 65 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

Les aides et dispositifs de lutte contre les déserts médicaux montent en puissance. Depuis le lancement du dispositif en 2013, les jeunes médecins ont signé 2 281 contrats d’engagement de service public (CESP, permettant aux étudiants en médecine et odontologie de percevoir 1 200 euros par mois s’ils s’engagent à s’installer dans une zone sous-dotée pour une durée équivalente). C’est près de 500 de plus qu’en 2016.

Quelque 800 contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG) ont été signés. Le contrat de PTMG vise à apporter une garantie de revenus pendant 2 ans à des jeunes médecins en contrepartie d’une installation dans une zone fragile (6 900 euros brut par mois) et une protection sociale améliorée en cas de maternité ou paternité. Le dispositif a été décliné en contrats de praticien territorial de médecine ambulatoire (PTMA).

2,5 millions de patients ont été pris en charge en télémédecine via les expérimentations ETAPES. Les négociations conventionnelles doivent faire entrer les téléconsultations et la télé-expertise dans le droit commun. 195 projets de télémédecine ont été financés par les agences régionales de santé (ARS), dont 80 % impliquent au moins un établissement et 42 % la médecine de ville.