Luttes et mobilisations

Actu.fr - Un an après la crise à l’hôpital du Rouvray, les soignants repartent en grève, près de Rouen

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

L’intersyndicale de l’hôpital psychiatrique du Rouvray accuse la direction de ne pas respecter le protocole signé un an plus tôt et appelle à la grève, dès jeudi 19 septembre 2019

Un an près la grève de la faim de huit soignants, l’intersyndicale de l’hôpital du Rouvray de Sotteville-lès-Rouen, appellent à la grève dès jeudi 19 septembre 2019.

Les syndicats accusent la direction de l’hôpital psychiatrique du Rouvray de ne pas suivre le protocole d’accord signé le 29 juin 2018, après la crise et les 18 jours de grève de la faim suivie par huit soignants. La CFDT, Sud et la CGT appellent à un mouvement de grève illimitée à partir de jeudi 19 septembre 2019. De son côté, la direction assure suivre à la lettre le texte signé à l’été 2018, tout en demandant son « évaluation ».

« Une réunion hallucinante »
Un an après la fin du conflit, le bras de fer est de nouveau mené par les figures du mouvement issus de l’intersyndicale. La mèche a été rallumée après une « réunion hallucinante », jeudi 12 septembre. Jean-Yves Herment, délégué syndical CFDT, explique sa colère :

La direction nous ment et n’a pas rempli des obligations au regard du protocole d’accord.

Ce fameux protocole prévoyait l’arrivée de 30 postes supplémentaires. Au 31 décembre 2019, le nombre de postes de soignants et infirmiers devraient être de 440. Or, jeudi, « ils nous ont présenté un tableau dans lequel on n’a compté que 426 agents. Pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre qu’il en manque », peste Jean-Yves Herment.

L’intersyndicale accuse la direction de puiser dans la manne financière apportée par l’Agence régionale de santé après la crise, pour « éponger la dette sociale ». Selon elle, leur direction ponctionne dans les quelque 1,35 million d’euros du protocole « non pas pour recruter des agents supplémentaires, mais pour remplacer des agents en arrêt maladie ou partis en retraite ». « C’est scandaleux », alerte Jean-Yves Herment.

La direction a « plus que largement respecté le protocole »
Contactée, la direction de l’hôpital psychiatrique a répondu point par point dans un communiqué de presse. Elle assure que « les postes protocole ne servent en aucun cas à remplacer les départs naturels contrairement à ce qui a été affirmé par l’intersyndicale ». De plus, la direction de l’hôpital estime avoir « plus que largement respecté le protocole ».

À la fin du mois d’août, avec le recrutement des 20 postes, l’effectif rémunéré est de 463 postes équivalents temps plein (ETP), soit 23 ETP au-delà de la cible de 440 ETP.

Le communiqué de presse insiste sur le fait que de 2013 à 2018, la masse salariale a augmenté de 9 %. De plus, le nouveau directeur, Lucien Vicenzutti, en place depuis janvier 2019, dénonce un protocole d’accord « trop hospitalo-centré, qui ne correspond pas à une prise en charge moderne de la psychiatrie ».

Selon le directeur, les médecins de l’hôpital du Rouvray sont inquiets : « Avec ce protocole, la population ne pourra malheureusement pas bénéficier d’une offre de soins adaptée à ses besoins. »

Mal à l’aise avec ce cadre, la direction « demande qu’une évaluation du protocole soit faite afin de vérifier si les moyens importants engagés par l’État auront permis au bout du compte d’améliorer ou non l’offre de soins ».