Complementaires santé

Allo-docteurs - Augmentation des cotisations des mutuelles : une conséquences du reste à charge zéro ?

il y a 2 semaines, par Info santé sécu social

En 2020, les cotisations augmenteraient en moyenne de 3% selon la Fédération nationale de la Mutualité Française. Pour Mathieu Escot, responsable des études à UFC Que Choisir, cette hausse serait « en partie » due au reste à charge zéro.

Par la rédaction d’Allodocteurs.fr

Rédigé le 12/11/2019

Des lunettes et des prothèses dentaires remboursées à 100 % dès janvier 2020. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a renouvelé le 8 novembre sa promesse du reste à charge zéro. Elle a aussi rappelé que cette réforme, dite du 100% santé, ne justifiait pas une hausse des tarifs des cotisations des mutuelles.

Mais très vite, la Fédération nationale de la Mutualité Française a annoncé que les cotisations augmenteraient en moyenne de 3% en 2020. Une hausse habituelle selon son président Thierry Beaudet.

« Une espèce de non-dit »
Ce reste à charge zéro entraîne-t-il une hausse de prix des complémentaires santé ?

Pour faire le point, le Magazine de la Santé a invité Mathieu Escot, responsable des études à UFC Que Choisir.

« Évidemment, si les complémentaires ont à rembourser davantage de soins, ça va se retrouver sur les cotisations. Il y a là une espèce de non-dit entre les pouvoirs publics et les mutuelles. Selon elle, cette augmentation n’est pas liée au reste à charge zéro, mais elle s’explique en partie par cela. »

Une augmentation loin d’être « anodine »
Pour Mathieu Escot, ce chiffre de 3 % doit dans les faits, être réévalué.

« Cette hausse de 3% ne comprend pas l’effet de l’âge. Or, les contrats de mutuelles augmentent avec l’âge. Vous devez rajouter 1 à 2 % d’augmentation par an. Très vite, vous arrivez à 5 % et c’est loin d’être anodin ! Si un couple de retraités payent déjà 1500 euros par personne et par an, cela représente une somme de 150 euros en plus pour le couple, tous les ans. »

Les contrats les plus susceptibles d’augmenter seraient ceux choisis par les personnes ayant peu de moyens, « qui offre peu de remboursement sur les lunettes et les soins dentaires notamment. »