Le système de santé en France

Alternatives économiques - Accès aux soins : ça craque !

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Des services de soins qui craquent de toute part : le scénario de cet été se profilait depuis quelques mois déjà. Fin juin, plus de 130 services d’urgences (sur 700) avaient dû limiter leur activité, en fermant à certains horaires ou en filtrant l’accès, faute de personnel. Les urgences ouvertes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, où l’on peut se présenter au pied levé, c’est bel et bien terminé. Une mission « flash » avait été lancée, pilotée par François Braun, devenu ensuite ministre de la Santé à la place de Brigitte Bourguignon.

Début juillet, il avait préconisé 41 mesures pour désengorger les hôpitaux. Parmi les principales : filtrer l’accès aux urgences par un appel téléphonique préalable au 15 (on parle de « régulation ») ; proposer un complément de rémunération pour le travail de nuit et lors des week-ends du 14 juillet et du 15 août pour les soignants de l’hôpital ; revaloriser de 15 euros le tarif de la consultation pour les médecins libéraux recevant des malades hors de leur patientèle.

Intégralement reprises, ces mesures ne sont elles-mêmes qu’un sparadrap face à la crise structurelle que traversent, au-delà des urgences, l’hôpital public et plus largement le système de santé. Dégradation des conditions d’accès aux soins, maltraitance institutionnelle et retards de prise en charge sont désormais la norme. Une situation bien antérieure à la séquence Covid, qu’elle n’a fait cependant qu’aggraver. En cause, une détérioration des conditions de travail des soignants, qui leur fait quitter, épuisés et à contrecœur, le métier qu’ils avaient choisi. Tout cela est connu.

Pour y remédier, il aurait fallu annoncer rapidement un changement de braquet clair en matière de salaires, de conditions de travail et de gouvernance, comme nous l’expliquait en juin la médecin Anne Gervais-Hasenknopf, membre du Collectif Inter-Hôpitaux. Las ! Une « conférence des parties prenantes » – encore une – a été annoncée pour l’été d’abord, et finalement pour la rentrée. Sachant qu’une négociation conventionnelle doit aussi avoir lieu à l’automne avec les médecins libéraux. Les temporalités s’enchevêtrent et s’articulent mal.

En attendant, les patients, c’est-à-dire potentiellement chacun.e d’entre nous, continuent de faire les frais de politiques qui mènent dans le mur. La crise du système de santé ne prend pas de vacances. Urgences, psychiatrie, maternités, Ehpad : nous avons choisi d’aller voir ce qui se passe dans quatre services particulièrement critiques au cœur de l’été.

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ELSA SABADO
28/07/2022