Politique santé sécu social de l’exécutif

Aujourd’hui en France - Macron veut reparler réformes

il y a 3 jours, par Info santé sécu social

Le séminaire gouvernemental de demain doit établir les priorités des mois à venir car même si la crise sanitaire occupe les esprits, le chef de l’Etat entend continuer à réformer jusqu’à la fin du quinquennat.
Par Olivier Beaumont et Pauline Théveniaud

L’apparition du nouveau variant du Covid-19 le prouve une nouvelle fois. Sans cesse, l’exécutif se retrouve rattrapé par la crise sanitaire. Emmanuel Macron s’en est plusieurs fois agacé ces derniers jours en petit comité. Comme lors du dernier Conseil des ministres, quand il a rappelé l’importance de « continuer à maintenir le rythme des réformes » malgré le contexte sanitaire. Une gageure… « La difficulté, c’est d’arriver à parler d’autre chose et surtout de parvenir à ce que cette autre chose soit entendue dans les foyers », reconnaît un membre du gouvernement.

Or, s’adresser aux Français avec des réformes concrètes est bien l’objectif fixé par l’Elysée pour les prochaines semaines. Ce sera même au cœur du séminaire gouvernemental de rentrée qui se tiendra demain.

Retraites et chômage en toile de fond
Et pour cause : « On ne capitalisera pas sur la crise. Donc, on n’a pas le choix pour la fin du quinquennat : mettre le paquet sur les réformes de justice sociale et les mesures du quotidien », résume un collaborateur de Matignon. Avec en ligne de mire, notamment, le fameux plan de relance de 100 milliards d’euros pour doper l’économie. « La tentation serait de ne s’occuper que des urgences, mais notre responsabilité, c’est d’anticiper, de sortir le pays de la crise avec de nouvelles filières économiques performantes qui ramèneront l’emploi et la prospérité dont nous avons besoin », confie le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

En toile de fond également, la réforme des retraites, que le locataire de Bercy pousse ardemment. Mais toute la majorité n’est pas alignée sur ce point. Faut-il remettre sur la table ce dossier, qui a provoqué des grèves monstres fin 2019, dans pareil contexte  ? « A titre personnel », le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a confié hier sur Europe 1 n’être « pas certain qu’aujourd’hui cette réforme puisse être portée ». Il y a aussi la réforme de l’assurance chômage, que l’Elysée ne veut pas abandonner, la cinquième branche de l’assurance maladie, dossier supplémentaire pour Olivier Véran.

Voilà déjà un mois qu’Emmanuel Macron et Jean Castex planchent sur ce séminaire gouvernemental. C’était d’ailleurs l’objet du fameux dîner de la majorité, rebaptisé « dîner Covid », le 16 décembre. Au menu, témoigne un participant, « les mois à venir, la manière d’aborder les réformes que l’on veut pousser dans le temps utile qui nous reste avant la prochaine présidentielle ». Objet des discussions, les élections régionales, le référendum pour inclure les questions d’environnement dans la Constitution, les retraites, la proportionnelle…

Apaiser ou transformer
Parmi les responsables de la macronie, certains encouragent à « apaiser » un pays déjà bouleversé par une crise inédite, ou au contraire incitent Emmanuel Macron, élu sur la promesse de « transformer » la France, à réformer « quoi qu’il en coûte ». « Il faut consacrer la fin du quinquennat à des points concrets, comme le rapport à l’éducation, les questions sociales pour les familles modestes, la solidarité entre générations », plaide le délégué général de LREM, Stanislas Guerini.

Déjà, certains macronistes parient que la fin du mandat « ne se jouera pas » au Palais-Bourbon, dont le calendrier est très chargé. « Il faut continuer à réformer mais en dehors du Parlement », théorise un fidèle du chef de l’Etat. Au risque de se mettre à dos des députés LREM qui se sont maintes fois élevés contre la verticalité de l’exécutif…

Macron le sait, le temps joue désormais contre lui. « A la fin de l’année, tout le monde aura les yeux rivés sur la présidentielle. Donc, s’il veut encore porter des grosses réformes, c’est maintenant ou jamais », souligne un pilier de l’exécutif. Avec toujours cette difficulté : parvenir à surnager dans le contexte sanitaire, économique et social du moment