Luttes et mobilisations

Hebdo L’Anticapitaliste - 595 (16/12/2021) - Mobilisation chez Sanofric

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Selon la CGT Sanofi, « chaque salarié a fait gagner 40 000 euros de dividendes aux actionnaires cette année ». Pourtant la direction ne veut pas mettre grand chose sous le sapin de la NAO, la négociation annuelle obligatoire.

La boîte propose une ridicule augmentation collective de 0,8 %, alors que les salaires sont quasiment gelés depuis 8 ans, que la charge de travail augmente… et que les profits explosent ! Sanofi a distribué 12,3 milliards d’euros de dividendes, en hausse de 340 % ! Alors, les 25 novembre et 8 décembre, un millier de salariéEs se sont mobilisés, ont fait grève, ont bloqué, à plus d’une centaine, la production du Doliprane sur le site d’Amelly, ou ont forcé les grilles de Sanofi Croix de Berny pour envahir la salle de réunion de la NAO.

Salaires, emploi, conditions de travail
Les salaires étaient au cœur de la colère, bien sûr, mais aussi l’emploi et de l’absence de Sanofi dans la lutte contre le covid, pour des raisons purement financières. Avec les gains de productivité, Sanofi veut remplacer quatre départs par une seule création de poste. Et encore, le poste créé pourra être attribué à un salarié déjà en CDI dans le groupe. Sanofi a fermé l’an dernier 400 postes en recherche, en pleine pandémie ! Le groupe France a fondu de 29 000 à 24 000 salariéEs. La CGT oppose l’exigence de la réduction du temps de travail à 32 heures et la semaine de quatre jours, s’appuyant sur les expériences de Bosch Rexroth dans le Rhône.

Il faudrait aussi parler des tentatives d’externalisation du secteur chimie, comme à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, où les salariéEs ont été en grève. Là où la direction vante « la souveraineté sanitaire de l’Europe », Vincent Pochon, délégué syndical Sud Sanofi, craint surtout « la grande braderie du secteur chimie de Sanofi, moins rentable, et donc la perte des acquis des salariés de la branche », à travers la création d’une nouvelle entité, EuroAPI, qui va regrouper les six usines européennes chimie, dont Sanofi détiendra seulement 30 % du capital, avec une entrée en bourse prévue en 2022.

Sanofi a abandonné son candidat vaccin covid à ARN messager, prétextant « que la santé publique n’a pas besoin d’un nouveau vaccin ». Ce à quoi la CGT et Sud lui ont répondu que seule l’absence de rentabilité avait fait abandonner le vaccin Sanofi. La CGT qui exige de « libérer la propriété intellectuelle afin de mettre à disposition de l’humanité » le vaccin, ayant « la certitude que les pays les plus en manque de vaccins trouveront les moyens industriels pour une production de masse à coûts réduits ». Le médicament n’est pas une marchandise, la santé n’est pas un produit financier, les salariéEs ne sont pas une variable d’ajustement !