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Infirmiers.com - Agnès Buzyn l’affirme : « Tout ce que nous pouvons maintenir, nous le maintenons »

il y a 4 mois, par Info santé sécu social

26.04.19

Agnès Buzyn était ce matin, vendredi 26 avril, l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC au lendemain de la conférence de presse du Président de la République. La ministre des Solidarités et de la Santé est revenue, notamment, sur la question des fermetures d’hôpitaux et sur celle des aidants. On vous dit ce qu’il faut retenir.

Aucune fermeture d’hôpital dans les trois ans qui viennent, c’est ce qu’a réaffirmé le Président de la République lors de sa conférence de presse, jeudi 25 avril. « Ça veut dire quoi, qu’aucun service hospitalier, qu’aucune maternité ne sera fermée ? », demande Jean-Jacques Bourdin à la ministre. Sur cette question, Agnès Buzyn a tenu d’emblée à préciser les choses : il n’y aura pas de fermeture d’établissements hospitaliers, un engagement qu’elle avait déjà pris en 2018 mais bien des réorganisations de services et des restructurations à venir. Aucun site hospitalier ne disparaitra aujourd’hui de la carte sans l’avis des maires, a assuré la ministre, ajoutant : Le Président de la République nous engage ainsi à travailler beaucoup plus avec les élus locaux quand il s’agit de réformer un hôpital, une école, ou de repenser les organisations. La ministre n’est pas plus entrée dans le détail de ces réorganisations.

Il faut qu’aucune femme enceinte aujourd’hui ne soit inquiète si une maternité près de chez elle a fermé. L’objectif est de tout maintenir. Tout ce que nous pouvons maintenir, nous le maintenons.

Devant l’insistance du journaliste au sujet de la menace de fermeture de services hospitaliers et de maternités dans certaines régions, faute de personnel, Agnès Buzyn a tenu à rappeler que le ministère de la Santé ne ferm[ait] aucun service par envie, précisant : Aujourd’hui nous avons un problème majeur en France, mais nous sommes en train d’y travailler (faisant ainsi référence à la fin du numerus clausus), nous n’avons plus assez de médecins. (...) Quand un service ferme, c’est parce que nous ne trouvons plus aucun médecin pour le faire tourner, notamment les services où il y a des gardes. Pour faire fonctionner un service 24h/24 il faut 8 personnes, 8 postes de médecins et je ne les ai plus dans certains endroits. (...)

Sur les fermetures de maternités, la ministre a répété son engagement pour assurer à toutes les femmes enceintes un accompagnement, en transports, en sages-femmes accréditées pour pouvoir les accompagner pendant les transports, avec des hôtels près des hôpitaux, payés, des transports payés, tout cela est en train d’être travaillé, a assuré Agnès Buzyn. Il faut qu’aucune femme enceinte aujourd’hui ne soit inquiète si une maternité près de chez elle a fermé. L’objectif est de tout maintenir. Tout ce que nous pouvons maintenir, nous le maintenons.

Un congé-aidant rémunéré ? Moi j’y suis favorable. La question est évidemment : combien de temps et sous quelles conditions ? Agnès Buzyn.

Aidants : « C’est important qu’on reconnaisse ce temps dédié à l’autre »
Sur la question des aidants familiaux également (11 millions de personnes, a rappelé Jean-Jacques Bourdin, avec des temps consacrés à leurs proches qui peuvent être très différents) : le congé de trois mois consacré à l’aide d’un proche sera-t-il bientôt rémunéré ? Nous y travaillons, a promis la ministre. Moi j’y suis favorable. La question est évidemment : combien de temps et sous quelles conditions ? Je suis en train de modéliser ce qui pourrait être une rémunération et/ou des droits contributifs (à la retraite).
Ce sont le plus souvent des femmes qui aident par exemple un enfant handicapé, qui arrêtent de travailler, qui donc arrivent à la retraite sans que cet arrêt ne soit reconnu... Ces aidantes-là auront-elle droit à la retraite ? Je souhaite travailler sur des droits contributifs à la retraite, je pense que c’est important que l’on reconnaisse ce temps dédié à l’autre, je pense que c’est important que certains puissent être rémunérés, parce que les pertes de salaires sont parfois très importantes dans les familles, a affirmé Agnès Buzyn, répétant que la seule question était bien de savoir combien de temps la solidarité nationale pouvait prendre en charge un congé d’aidant. Aujourd’hui, vous le savez, ils ne sont pas rémunérés. Certaines entreprises font des efforts... Le chantier est ouvert.

Pour conclure, la ministre a annoncé des mesures-aidants dès cette année, assurant que le sujet lui tenait à cœur. J’ai rencontré beaucoup d’associations d’aidants, j’ai été excessivement émue par ces histoires familiales, ça peut être des très jeunes qui aident leurs parents qui ont Alzheimer, ça peut être des mères d’enfants handicapés qui s’arrêtent toute leur vie pour pouvoir maintenir un enfant à la maison et ça, on doit le reconnaître, a-t-elle martelé. Il y aura des mesures qui seront prises en 2019 pour une application dès janvier 2020. C’est pour moi un engagement très important.

Susie BOURQUIN
Journaliste