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JIM - Arrêts maladie itératifs : comment le Medef veut contrôler les médecins…

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Paris, le jeudi 18 octobre 2018

La sécurité sociale constate une augmentation régulière du nombre d’arrêts maladie et des indemnités journalières. L’Assurance maladie a mis en place différentes mesures pour accroître les contrôles et lutter contre les possibles excès et continue à mener la réflexion sur le sujet. Le Medef, de son côté, n’est pas non plus en reste d’idées.

Dans un entretien accordé au Figaro hier, après un propos liminaire tout en nuances (« on ne réglera pas le problème par une simple mesure budgétaire, ni en accusant les entreprises de mettre trop de pression sur leurs employés, les médecins de prescrire des arrêts injustifiés ou encore les salariés de profiter indûment du système »), le président du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, estime néanmoins, sans détour cette fois-ci, qu’il faut contrôler désormais drastiquement les prescriptions d’arrêts de travail.

Un contrôle systématique après le quatrième arrêt
Ainsi, le patron des patrons assure que « l’assurance maladie doit d’abord faire respecter la loi » et « devrait renforcer les contrôles avec une action ciblée sur les médecins gros prescripteurs et les salariés concernés par les arrêts courts et itératifs ». Il suggère ainsi « un contrôle systématique après le 4e arrêt prescrit » ou la valorisation du « dispositif de la contre-visite médicale à l’initiative de l’employeur ».

Le numéro un du Medef préconise également « un parcours de prescription unique, dans lequel le médecin traitant serait le seul à pouvoir prescrire un arrêt, hors hospitalisation ».

Pointant par ailleurs la disparité des durées d’arrêt maladie en fonction des praticiens et des régions, Geoffroy Roux de Bézieux juge en outre « utile d’établir des référentiels de durées d’arrêt, communs à tous, définis par la Haute Autorité de santé ».

Sans surprise ces positions n’ont pas manqué de faire réagir les syndicats de médecins libéraux.
Mêlez-vous de vos affaires !

Ainsi, pour la CSMF, « s’il y a des médecins considérés comme trop gros prescripteurs d’arrêts maladie, il faut d’abord se demander pourquoi, et à quels problèmes ou quels types d’entreprise ont-ils à faire. De même, limiter la prescription de l’arrêt maladie au médecin traitant témoigne d’une mauvaise connaissance des mécanismes de prise en charge du soin en France. Certains médecins généralistes ou spécialistes, non médecin traitant, sont amenés, à juste titre, à prescrire des arrêts maladie en dehors de toute hospitalisation ».

Du côté du Dr Jérôme Marty, président de l’UFML (Union française pour une médecine libre) il vaudrait sans doute mieux que Monsieur Roux de Bézieux s’occupe de ses affaires : « ce n’est pas son rôle de s’occuper des arrêts de travail ! (…) Et peut-être ferait-il aussi bien de s’intéresser au rapport parlementaire produit sur l’évasion fiscale qui montre que le cout pour la France, chaque année, est de 30 à 34 milliards versus 11 milliards pour les arrêts de travail »…

Frédéric Haroche