Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

JIM - Face à Omicron, l’Afrique du Sud garde son calme

il y a 3 jours, par Info santé sécu social

Publié le 01/12/2021

Si la découverte du variant Omicron a provoqué une agitation mondiale, l’Afrique du Sud, où le nouveau mutant a été découvert, reste sereine.

La découverte en Afrique du Sud il y a une semaine d’un nouveau variant du Sars-Cov-2, appelé 0micron par l’OMS, a provoqué une panique mondiale dont seul l’avenir nous dira si elle était excessive ou justifiée.

En à peine quelques jours, la quasi-totalité des pays du monde ont fermé leurs frontières avec l’Afrique australe voire ont totalement fermé leurs portes aux étrangers, à l’image du Japon. Même l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui avait au départ jugée cette réaction excessive, estime désormais que le variant omicron présente « un risque élevé ».

Le contraste est assez saisissant entre cette grande peur mondiale d’un coté et le calme et la retenue avec lequel les autorités sud-africaines gèrent la situation de l’autre. « Il n’y a pas de raison de paniquer, ce n’est pas un territoire inconnu » a tenu a rappelé le ministre de la Santé Joe Phaahla ce lundi. « Nous avons plus de vingt mois d’expérience en matière de gestion de la pandémie, des différentes vagues et des différents variants » a-t-il rajouté. Il est vrai que la situation sanitaire en Afrique du Sud est, pour le moment en tout cas, sous contrôle. Si les contaminations ont fortement augmenté ces derniers jours, passant de 300 à 3 000 contaminations quotidiennes en deux semaines, le taux d’incidence reste bien plus bas que lors des vagues de janvier ou de juillet. Le nombre de décès reste stable autour des 30 par jour, un chiffre assez limité pour un pays de 60 millions d’habitants.

Les médecins sud-africains se veulent rassurants
Les autorités sud-africaines se veulent également rassurantes sur la question de la possible létalité accrue liée à 0micron. Les premiers retours du terrain seraient positifs, les médecins ne constatant pas de formes plus graves chez les personnes atteintes du nouveau variant. Angélique Coetzee, présidente de l’association médicale d’Afrique du Sud, a ainsi affirmé dans plusieurs médias que presque tous ses patients ont des symptômes légers. Le Pr Salim Abdool Karim, épidémiologiste et conseiller du gouvernement, réfute quant à lui les rumeurs selon lesquelles les jeunes seraient plus durement touchés qu’avec les variants précédents.

Mais de l’avis même du gouvernement, « il est encore bien trop tôt pour tirer des conclusions sur la dangerosité ou la contagiosité du variant ».

Autre question qui reste en suspens, l’efficacité des vaccins actuels contre 0micron. Avec seulement 29 % de ses habitants vaccinés, l’Afrique du Sud présente un taux de vaccination certes supérieur à ceux de ses voisins, mais bien inférieur à ceux des pays occidentaux. Le problème n’est plus tant l’approvisionnement en vaccins mais la défiance d’une grande partie de la population. Le gouvernement sud-africain a même récemment demandé à Pfizer et à Johnson & Johnson de cesser leurs livraisons, expliquant qu’il disposait déjà de suffisamment de doses.

A court terme, l’objectif principal du gouvernement sud-africain est d’obtenir la levée des restrictions de voyages décidées par les pays occidentaux, qui risquent de plomber son économie. Selon le président Cyril Ramaphosa, ces restrictions n’ont « aucune justification scientifique » et il estime injuste que son pays soit puni pour avoir détecté le variant et avoir été assez honnête pour le déclarer au monde entier. « Dites au président Biden que les interdictions de voyage ne nous aident pas » a-t-il répondu au ministre de la santé américain, après qu’il ait félicité l’Afrique du Sud pour sa transparence.

Quentin Haroche