Luttes et mobilisations

JIM - « Infirmiers oubliés »… et peu mobilisés

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Paris, le mercredi 21 novembre 2018 -

Certains rêvaient d’un nouveau 1988, lorsque la grogne infirmière avait fait battre le pavé à plus de 100 000 professionnels dans toute la France. D’autres espéraient, au moins, un nouveau 2016, époque à laquelle Marisol Touraine était parvenue à dresser contre elle une belle unanimité syndicale et à mobiliser plusieurs milliers de soignants.

Au lendemain du 20 novembre, qui se voulait l’occasion de rappeler aux pouvoirs publics l’importance des infirmiers trop souvent oubliés, force est de constater que la mobilisation n’a pas été au rendez-vous.

Ainsi, selon les diverses estimations, entre 1000 et 2000 infirmiers ont manifesté hier dans toute la France, dont moins de 200 à Paris, devant le ministère de la Santé.

Au milieu des slogans, qui dénonçaient majoritairement le « lobby médical » à l’œuvre dans le plan « Ma santé 2022 » et le mépris gouvernemental, chacun cherchait à comprendre cette faible mobilisation. Les réquisitions de certains infirmiers hospitaliers, les blocages des gilets jaunes et le mauvais temps ont notamment été évoqués en guise d’explication.

Pour compenser ce faible nombre, les infirmiers ont essayé de donner de la voix, notamment à Paris, à quelques encablures des fenêtres d’Agnès Buzyn.

De braves petits soldats
Une délégation a finalement été reçue au ministère, non pas par Agnès Buzyn (qui a déclaré il y a deux jours ne pas comprendre ce mouvement !) mais par un conseiller technique de son cabinet, un représentant de la sécurité sociale et un membre de la DGOS (Direction générale de l’offre de soins).

La rencontre a duré plus d’une heure trente. « Des notes ont été prises, Mais aucun réponse concrète n’a été apportée (…) Je pense qu’aujourd’hui la mesure n’est pas prise sur la difficulté de nos conditions d’exercice. Nous avons l’impression qu’on nous dit “vous êtes de braves petits soldats on compte sur vous” mais les soignants ont besoin qu’on leur donne leur place dans le système de santé » a déclaré, déçue, Nathalie Dépoire de la Coordination nationale infirmière (CNI) à la sortie de cette réunion impromptue.

Les syndicats ont néanmoins promis que la mobilisation allait se poursuivre et s’amplifier…

F.H.