Dans le monde

JIM - L’Europe face à une crise humanitaire historique

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Lublin, le mercredi 16 mars 2022

Plus de 3 millions d’Ukrainiens ont fuit le pays depuis le début de l’invasion russe, une crise humanitaire d’ampleur historique à laquelle l’Europe tente tant bien que mal de faire face.

En quelques jours, des millions de vies qui basculent. Trois semaines seulement après le début de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe le 24 février, ce sont 3 millions d’Ukrainiens qui ont pris le chemin de l’exil. Jamais depuis la Seconde Guerre Mondiale autant d’Européens n’avaient dû quitter leur foyer à cause d’un conflit. Cet afflux considérable oblige les membres de l’Union Européenne, qui ont dénoncé l’attaque russe à l’unisson, à un effort important de solidarité, notamment la Pologne, où la majorité des exilés ukrainiens ont trouvé un premier refuge.

Soins gratuits pour tous les réfugiés ukrainiens
Ce mardi, l’UNICEF, l’organisme des Nations Unies chargé de la protection des enfants, a tenu à mettre en lumière la situation inquiétante des réfugiés les plus jeunes. 1,5 millions d’enfants Ukrainiens ont quitté leur pays depuis le 24 février, soit 75 000 par jour et un par seconde, a indiqué le porte-parole de l’UNICEF James Elder. Ce dernier a raconté son séjour de deux semaines à Lviv, ville de l’ouest de l’Ukraine où affluent des habitants de l’est du pays fuyant les combats. Il a notamment expliqué que les hôpitaux pédiatriques, surchargés, sont contraint de trier les jeunes patients, les enfants trop lourdement blessés recevant un autocollant noir, synonyme d’abandon et de mort. Il a enfin insisté sur les efforts importants fournis par l’UNICEF ces derniers jours, 168 tonnes de fourniture médicale ayant été acheminés dans les centres de réfugiés.

Ce mardi était également marqué par une réunion informelle des ministres de la santé européens, organisé par le ministre français Olivier Véran, autour de la question de l’aide médicale aux réfugiés. Le but, selon le cabinet du ministre, est « d’apporter une réponse coordonnée et solidaire aux conséquences sanitaires de l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine », alors que les services de santé des pays frontaliers de l’Ukraine risquent d’être rapidement débordés par l’arrivé de blessés de guerre et de malades chroniques. A l’issue de la réunion, les ministres ont insisté sur la nécessité de donner la priorité aux enfants dans les évacuations sanitaires et ont évoqué la possibilité de créer des hôpitaux temporaires en Pologne. Le 4 mars dernier, l’Union Européenne a accordé à tous les Ukrainiens résidant dans le pays au moment de l’invasion la « protection temporaire », mécanisme d’urgence qui leur assure notamment un accès total et gratuit aux services de santé dans tous les états membres de l’Union.

31 attaques contre les services de santé en trois semaines
En Ukraine même, la situation humanitaire s’aggrave de jour en jour, notamment dans les villes assiégées par l’armée russe comme Marioupol ou Kharkov. Quatre jours après le bombardement d’une maternité par l’armée russe, l’OMS, l’UNICEF et le FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population) ont demandé ce dimanche dans un communiqué commun « l’arrêt immédiat de toutes les attaques visant les services de santé en Ukraine ». « S’attaquer ainsi aux populations les plus vulnérables est un acte d’une cruauté inconcevable » souligne le communiqué. Selon l’OMS, au moins 31 attaques contre les services de santé ont eu lieu depuis le début du conflit, dont 24 contre des hôpitaux et 5 contre des ambulances, provoquant la mort de 12 personnes.

Les Nations Unies s’inquiètent notamment du sort des jeunes mères et des nouveaux nés, alors que 4 300 enfants sont nés en Ukraine depuis le 24 février et que 80 000 femmes sont enceintes d’au moins 6 mois. « Les violences limitent gravement l’accès aux services » dont ces personnes ont besoin expliquent les trois instances onusiennes. Une femme enceinte évacuée après le bombardement de l’hôpital de Marioupol et dont la photographie a fait le tour du monde est devenue le symbole de la catastrophe humanitaire en cours : ni elle ni son enfant n’ont survécu.

Nicolas Barbet