Amerique du Nord

JIM - Les hôpitaux américains surchargés par la troisième vague

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

Le jeudi 3 décembre 2020

Plus de 93 000 personnes atteintes du Covid-19 sont hospitalisés aux Etats-Unis, mettant les services de réanimation américains à rude épreuve. Les autorités sanitaires craignent un mois de décembre particulièrement meurtrier.

2 833 Américains sont morts de la Covid-19 en 24 heures ce mercredi 2 décembre. Soit la journée la plus meurtrière depuis le début de l’épidémie qui a déjà coûté la vie à près de 280 000 Américains. Après une première vague printanière qui a essentiellement touché le nord-est du pays puis une deuxième vague estivale dans le sud des Etats-Unis, c’est désormais l’ensemble de l’Union qui est touché par cette troisième vague automnale.

Hôpitaux saturés au Texas et dans le Midwest
La situation dans les hôpitaux américains est particulièrement inquiétante. Plus de 93 000 personnes sont hospitalisés à travers le pays. Et la situation ne risque pas de s’arranger, alors que le nombre de nouvelles contaminations s’est stabilisé, entre 180 000 et 200 000 nouveaux cas par jour. Anthony Fauci, responsable national de la lutte contre la Covid-19, craint d’ailleurs une hausse prochaine des cas consécutive à la fête de Thanksgiving, qui s’est tenu la semaine dernière et qui est propice aux réunions familiales.

Si le Texas et les États du Midwest sont les plus touchés par cette hausse des hospitalisations, aucune région des Etats-Unis n’est épargnée cette fois-ci, ce qui rend les transferts de patients particulièrement difficiles. Récemment, le New York Times a ainsi raconté comment un homme souffrant d’un abcès cérébral a dû parcourir 600 kilomètres pour se faire opérer. Les hôpitaux manquent de lits, de matériel, mais surtout de personnel, de plus en plus de médecins et d’infirmiers étant obligés de s’isoler après avoir contracté la Covid-19. Au Wisconsin et au Minnesota, il n’y a désormais plus aucun lit disponible dans les hôpitaux. A El Paso au Texas, la mairie a dû faire appel à l’armée pour gérer ses morgues débordées.
Objectif : vacciner 100 millions d’Américains d’ici février.

Face à cette épidémie de plus en plus meurtrière, les restrictions se multiplient. Ces dernières semaines, Los Angeles et Chicago ont décidé de rétablir un confinement similaire à celui du printemps. De plus en plus d’Etats ont rendu le port du masque obligatoire dans les lieux publics (ils sont 37 au total). Mais d’autres, notamment les États les plus conservateurs, continuent de faire de la résistance. Au Dakota du Sud, l’un des États les plus touchés par la troisième vague (50 morts par jour pour 900 000 habitants), la gouverneur Kristi Noem a annoncé qu’elle s’opposerait à toute obligation fédérale de porter le masque. « Les gens doivent rester libre de ne pas porter un masque » a-t-elle déclaré.

Dans ce contexte particulièrement difficile, l’arrivée prochaine d’un vaccin constitue un espoir immense pour les Américains. Les autorités fédérales sanitaires pourraient valider dans les prochaines semaines la mise sur le marché de trois vaccins élaborés par des firmes américaines : les vaccins Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson. Le docteur Moncef Slaoui, le monsieur du vaccin du gouvernement Trump, a annoncé ce mercredi que la campagne de vaccination pourrait commencer à la fin du mois de décembre. Il espère que 100 millions d’Américains auront été vaccinés d’ici la fin du mois de février. Pour calmer les craintes du public sur ces vaccins qui utilisent des technologies nouvelles, trois anciens présidents, Bill Clinton, George Bush et Barack Obama, ont annoncé qu’ils se feraient vacciner en direct à la télévision.

Nicolas Barbet