Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

JIM - Une épidémie qui reste à surveiller

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Le 1er octobre 2021

Si tous les indicateurs épidémiques sont en baisse en métropole, le gouvernement et les scientifiques appellent à la prudence face à une épidémie à l’évolution incertaine.

« Ce n’est pas parce que la marée est basse qu’elle ne peut pas remonter ». Gabriel Attal avait presque des accents poétiques ce mercredi en sortant du Conseil des Ministres au moment d’aborder la situation épidémique. Le porte-parole du gouvernement a ainsi voulu faire sentir qu’elle était l’attitude actuelle des autorités face à l’épidémie de Covid-19, celle d’un optimisme mesuré. Car si la situation épidémique s’améliore incontestablement, les 18 derniers mois nous ont appris qu’une dégradation brutale n’est jamais à exclure.

Commençons par les bonnes nouvelles. Si l’on exclut les Antilles, où les chiffres de l’épidémie restent inquiétants, notamment en Guyane, l’épidémie est en net recul en métropole et ce depuis six semaines. La France compte actuellement environ 5 000 contaminations quotidiennes (contre 30 000 début août) soit un taux d’incidence nationale de 57. Le taux de positivité et le nombre d’hospitalisations sont également en baisse. Selon Santé Publique France, on a ainsi dénombré, durant la semaine du 20 au 26 septembre, 1495 nouvelles hospitalisations, contre 2 196 la semaine précédente. Le nombre de morts (toujours retardé sur celui des contaminations) stagne quant à lui entre 50 et 100 décès quotidiens liés au Covid-19.

La crainte d’un « super » variant delta
Quelques points suscitent cependant l’inquiétude et incitent à la prudence. Tout d’abord, la situation épidémique n’est pas homogène dans toute la métropole. Le taux d’incidence reste encore élevé dans le sud-est du pays, la région la moins vaccinée de France. Dans le département des Bouches-du- Rhône, il est ainsi de 143, presque le triple de la moyenne nationale. Dans 13 départements, ce taux d’incidence est même en augmentation, comme en Charente, où il a doublé en une semaine. La circulation du virus y reste cependant relativement faible, avec un taux d’incidence de 60.

Les virologues s’inquiètent également non pas de l’apparition d’un nouveau variant du Sars-Cov-2 mais de nouvelles mutations du variant delta, qui représente désormais 99 % des nouvelles contaminations en France. Il existe en effet des sous-lignages du variant delta, qui présentent une ou plusieurs mutations supplémentaires. Le variant delta « original », de son nom scientifique B 1.617.2 ne compte ainsi que pour 69 % des cas séquencés en France, tandis que le sous-lignage AY.4, majoritaire au Royaume-Uni, progresse. Le risque est toujours le même, celui qu’une nouvelle version du variant delta présente une plus grande contagiosité ou létalité ou une plus grande résistance aux vaccins ou à l’immunité naturelle. Mais Santé Publique France se veut rassurant : « à ce jour, il n’y a pas de donnée probante en faveur d’un avantage compétitif significatif chez les sous-lignages de Delta » indiquent les autorités scientifiques.

La Scandinavie met fin à toutes ses restrictions
Enfin, dernière inquiétude sur le plan sanitaire en ce début d’automne : le retour des autres maladies saisonnières. Les cas de grippe, rhume, gastro-entérites et autres maladies hivernales, qui avaient quasiment disparu à l’hiver 2020-2021 grâce au port obligatoire du masque et aux confinements, sont en augmentation ces dernières semaines. Selon les spécialistes, ceci est la conséquence d’un relâchement dans le respect des gestes barrières et de ce que l’on appelle le « syndrome du vacciné » c’est-à-dire la propension qu’ont les personnes ayant reçu le vaccin contre la Covid-19 à ne plus faire attention au risque de contamination. « Les gens s’autorisent à vivre normalement, donc les maladies virales reviennent » résume le docteur Jean-Marc Castadère, généraliste à Toulouse.

Ce sont peut-être ces différentes sources d’inquiétude qui incitent les autorités à la prudence. Aucun relâchement généralisé des mesures barrières n’est ainsi prévu à court terme tandis que le gouvernement envisage de se garder la possibilité de maintenir le passe sanitaire jusqu’à l’été 2022.

Certains de nos voisins européens font cependant le choix inverse, celui de vivre avec le virus et de mettre fin aux contraintes sanitaires. Ce mercredi, la Suède a mis fin à l’ensemble de ses restrictions et recommandations, rejoignant ainsi le Danemark, la Norvège et le Royaume-Uni.

Nicolas Barbet