L’Anticapitaliste Hebdo du NPA

L’Anticapitaliste du 26/12/19 - Mettre Macron à la retraite

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

« Emmanuel Macron renonce à sa retraite de président ». L’exclusivité du Parisien (22 décembre) a rapidement fait le tour des rédactions et des plateaux télé, relayée par les éditorialistes et les petits soldats de la Macronie. Mais le moins que l’on puisse dire est que cette énième opération de com’ a laissé de marbre les grévistes, quand elle n’a pas tout simplement accru leur détermination et leur opposition à la contre-réforme des retraites.

Car derrière cette annonce, que l’Élysée a voulu nous vendre comme mue par un désir de justice et d’égalité, c’est une fois de plus le mépris et l’arrogance qui pointent. En effet, quel message Macron envoie-t-il aux (futurs) retraitéEs, sinon qu’il aurait les moyens de se passer de sa retraite d’ancien président ? L’ex haut fonctionnaire et banquier, qui ne manquera pas de trouver d’autres emplois grassement rémunérés après son passage à l’Élysée, respire ainsi, une fois de plus le mépris de classe : qui peut se passer de tout ou partie de sa retraite, sinon les très riches ? Comme l’a relevé, dans le Parisien, un communicant peu suspect d’hostilité à Macron : « En termes d’image, cela reste tout de même assez maladroit. Car il envoie le message qu’il peut effectivement se permettre de se passer de ce genre de rente… alors qu’il a déjà l’image de président des riches. »

Le régime de retraite des anciens présidents est un privilège. Nos retraites sont un dû. En amalgamant sa retraite et les nôtres, Macron veut-il nous faire croire que ces dernières seraient comparables aux 6 200 euros brut mensuels à vie, cumulables avec d’autres revenus et d’autres pensions, des anciens présidents ? Quelle fumisterie ! Mais le moins que l’on puisse dire est que le président des riches, en prétendant montrer l’exemple en s’appliquant « sa » réforme, envoie, volontairement ou non, un message clair : pour bien faire, nous devrions nous aussi « renoncer » à nos pensions.

Message reçu cinq sur cinq ! La colère continue de gronder dans le pays, et ce ne sont pas les effets de manche de Macron qui y changeront quoi que ce soit. La mobilisation, n’en déplaise à un gouvernement qui ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnait, pour délégitimer les grévistes, va se poursuivre, autour d’un mot d’ordre clair : c’est à sa contre-réforme que Macron doit renoncer ! Qu’il la remballe et qu’il s’en aille !

Julien Salingue