Politique santé sécu social du gouvernement

L’Obs - Des soignants lancent une pétition contre les LBD : « Des patients aux crânes fracassés »

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

La pétition réunit déjà plus de 68.000 signatures à l’heure où nous écrivons ces lignes. Aux côtés d’autres soignants, le neurochirurgien Laurent Thines, chef de service au CHRU de Besançon, a lancé un appel à un moratoire sur l’utilisation des armes "sub-létales" : lanceurs de balle de défense (Flash-Ball, LBD40) ou de grenades (de type lacrymogène ou de désencerclement), à l’origine de nombreuses blessures durant les manifestations des "gilets jaunes".

"Les lésions constatées et prises en charge par nous, personnels soignants, dues à ces armes utilisées sur des personnes parfois très jeunes ou âgées, exerçant leur droit à manifester, sont choquantes et inacceptables : énucléation, amputation d’extrémité de membre, fracas maxillo-facial et dentaire, traumatisme cranio-cérébral engageant le pronostic vital… Tant de vies ont été ainsi sacrifiées…", peut-on lire dans la pétition, disponible sur le site change.org.

"La moitié des personnes sont blessées à la tête"
"Je ne suis pas un politique mais avant tout un médecin et un citoyen", explique le docteur Laurent Thines au micro de France-Inter. "J’ai été très choqué, en tant que neurochirurgien, de la gravité des lésions qui étaient infligées à des personnes qui, dans beaucoup de cas, manifestaient de façon pacifique."

"Il faut interdire ces armes lors d’opérations de maintien de l’ordre, ou que l’on encadre de façon beaucoup plus stricte leur utilisation. Cela peut passer par le respect des consignes. Ce que l’on voit dans les statistiques actuelles, c’est que la moitié des personnes sont blessées à la tête alors qu’il est interdit de la viser !"
Le médecin explique avoir pu consulter des rapports sur des blessures infligées à des manifestants, transmis par des confrères d’autres régions. "J’ai aussi pu consulter les images des scanners anonymisés de certains patients. On retrouve à la fois des lésions externes, des plaies du cuir chevelu, des contusions ou, chez certains patients, la perte d’un œil et des lésions internes, du même type que celles que l’on trouve sur des scènes de guerre ou sur des accidents graves de la route."

"J’ai vu des scanners de personnes qui avaient le crâne fracassé, avec des hématomes intracrâniens et des séquelles neurologiques. C’est tout simplement inacceptable."

Parmi les signataires, se trouvent des médecins, et d’autres membres du personnel paramédical, selon France-Inter. Le docteur Larbi Benali, maître de conférences à l’université de Bordeaux, spécialisé en médecine légale, estime notamment que cela pourrait permettre de "s’interroger sur les moyens qui sont en notre possession pour se substituer à ces armes".