Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV)

Le Généraliste - Attention, fragiles  !

il y a 3 jours, par Info santé sécu social

En cette rentrée, les Français sont invités à reprendre le travail. Tous, ou presque.

Un décret paru le 31 août a allégé la liste des personnes vulnérables pouvant bénéficier à titre dérogatoire d’un arrêt de travail car présentant un risque de développer une forme grave d’infection au virus SARS-CoV-2. Depuis le 1er septembre, seuls les patients ayant un cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie), ceux souffrant d’une immunodépression congénitale ou acquise, les plus de 65 ans ayant un diabète associé à une obésité et les personnes dialysées ou en insuffisance rénale chronique sévère peuvent bénéficier d’un arrêt de travail ou d’une possibilité d’activité partielle.

Exit les patients atteints de pathologies chroniques respiratoires, obèses ou encore les femmes en fin de grossesse. Cette évolution réglementaire, que le gouvernement justifie par la volonté d’éviter le risque de désinsertion professionnelle, est perçue comme un très mauvais signal par les associations de patients. De nombreux médecins y voient également une décision purement économique et non fondée scientifiquement.

En instaurant le confinement au printemps dernier, Emmanuel Macron avait très clairement exprimé son souci premier de protéger la santé des Français. Six mois plus tard, les priorités ont changé. Économiquement exsangue, le pays lance un plan de relance à 100 milliards d’euros. Le coronavirus serait-il, lui, devenu moins dangereux  ? Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’emploie à dire le contraire  : il prédit une hausse des cas graves dans les deux prochaines semaines.

La France est certes dorénavant équipée de masques et disposée à dépister tous azimuts. Le télétravail est aussi encouragé quand il est possible. Il n’empêche, des Français fragiles continuent d’appréhender le Covid-19, qui fait actuellement un retour en force. Et leur retirer le statut de personne vulnérable pourrait s’avérer être un remède pire que le mal.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction