Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Le Généraliste - Covid-19 : la situation épidémiologique s’améliore mais la rentrée scolaire inquiète

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

PAR IRÈNE LACAMP - PUBLIÉ LE 27/08/2021

C’est une bonne nouvelle qui se confirme à l’approche de la rentrée scolaire : quelques semaines après l’implémentation du passe sanitaire, le Covid-19 commence bel et bien à reculer en France. Telle est la principale conclusion du dernier point épidémiologique de Santé Publique France.

Diminution significative du taux d’incidence

De fait, alors qu’il commençait à marquer le pas depuis quelques semaines, le taux d’incidence du Covid-19 a enregistré une nette diminution en semaine 33 : entre le 16 et le 22 août, l’indicateur a chuté de 12 % à l’échelle nationale.

Élément particulièrement encourageant, cette dynamique apparaît généralisée. Elle peut être observée dans la quasi-totalité des classes d’âge – et surtout chez les 20-29 ans, où le taux d’incidence a reculé de -18 % –, mais aussi dans toutes les régions métropolitaines, voire dans la plupart des territoires d’Outre-Mer, Guyane exceptée.

La pression hospitalière reste forte

Cependant, Santé Publique France invite à ne pas crier trop vite victoire contre la quatrième vague et contre le variant Delta – désormais à l’origine de plus de 95 % des contaminations. Car les indicateurs épidémiques restent élevés.

À commencer par le taux d’incidence lui-même. Bien qu’il ait marqué une baisse significative, cet indicateur reste au-dessus de la barre des 215 nouvelles infections pour 100 000 habitants à l’échelle du pays. Il demeure même à des niveaux plus hauts encore dans certaines régions, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur (531/100 000) en Corse (343/100 000), en Occitanie (318/100 000), et surtout en Martinique (896/100 000) et en Guadeloupe (1 885/100 000).

Mais c’est surtout la situation de l’hôpital qui doit prévenir tout excès d’enthousiasme. Car les indicateurs hospitaliers continuent d’augmenter en particulier en Outre-Mer mais aussi en métropole, qu’on considère les nouvelles hospitalisations (+18 % vs +9 % en semaine 32), les admissions en soins critiques (+18 % vs +5 % en S32), les hospitalisations en cours (+8 %), et même les décès à l’hôpital (+76 %).

L’inconnue de la rentrée scolaire

« Bien évidemment, [ces chiffres] étaient attendus : ce décalage entre la dynamique des contaminations et celle des hospitalisations a été observée à chacun des plateaux d’incidence des vagues précédentes, [avec un] délai d’environ 3 semaines entre le pic des infections et le pic des hospitalisations », expliquait lors d’un point presse organisé ce matin par Santé Publique France l’épidémiologiste Daniel Lévy-Bruhl. En raison de ce décalage, celui-ci attend d’ailleurs une réduction de la pression hospitalière dans les prochaines semaines. « L’expérience des vagues précédentes nous fait présager qu’on va d’abord voir une diminution des indicateurs de nouvelles hospitalisations, suivies plus lentement, si tout se passe bien, d’une diminution des indicateurs de charge hospitalière. »

Cependant, la rentrée – le retour en ville des travailleurs, le début de l’automne et surtout le retour des écoles – pourrait perturber ces projections et provoquer un rebond de l’épidémie. « Les enfants, qui constituent [désormais] l’essentiel des non vaccinés, pourront contribuer dans les semaines à venir bien plus que dans le passé à […] la circulation virale », prévoit Daniel Lévy-Bruhl. C’est du moins ce que suggère une modélisation de l’Institut Pasteur citée par l’épidémiologiste d’après laquelle les enfants pourraient contribuer dès la mi-septembre à la moitié des contaminations.