L’hôpital

Le Monde - « C’est une descente infernale » : l’alerte des gériatres sur les soins aux personnes âgées

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Par Luc Bronner (Mulhouse (Haut-Rhin), envoyé spécial)
Publié le 09/08/2022

La gériatrie est sans doute la discipline la plus touchée par la crise de l’hôpital : au manque de personnel et de moyens s’ajoute un déficit de considération qui rend les recrutements encore plus compliqués, alors que les besoins sont plus importants. Les lits ferment, et les conséquences sur ces patients sont délétères.

Catherine Pflieger, 45 ans, appartient à cette génération d’infirmières pour lesquelles « entrer à l’hôpital public était un grand honneur ». Elle le dit avec une belle fierté. C’était il y a vingt ans et cela ressemble à un autre siècle, alors que le service public et ses agents traversent une crise historique et existentielle. « A cette époque, il y avait plus de candidats que de places. Sur cent personnes, on prenait cinq infirmières ! » Les temps ont changé, et Catherine Pflieger, devenue cadre de santé, parcourt les couloirs du pôle gériatrique du centre hospitalier de Mulhouse en décrivant des difficultés qui semblent insurmontables, désormais, pour recruter des soignants découragés, désabusés et, pour certains, en souffrance.

En théorie, dans les différents services gériatriques, il devrait y avoir au moins 180 infirmières pour les 1 200 lits destinés aux personnes âgées malades ou dépendantes, hospitalisées ou hébergées sur les hauteurs de l’agglomération de 275 000 habitants. Mais le « chiffre cible », comme on dit dans l’administration, est devenu inaccessible, et tout le monde sourit tristement lorsque Catherine Pflieger l’évoque dans une salle de réunion de l’hôpital. « On compte aujourd’hui trente-sept postes vacants parmi les infirmières. Et cela va s’aggraver : nous aurons au moins quarante-trois postes non pourvus en janvier 2023. »