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Le Monde - Jean Castex veut régler « à court terme » le dossier des retraites

il y a 2 semaines, par Info santé sécu social

« La crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable », explique le premier ministre dans un entretien au « JDD ».

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui mis à jour à 07h21

Jean Castex sur le site de recherche et de production de semi-conducteurs du groupe X-FAB France, à Le Coudray-Montceau (Essonne), le 4 juillet. THOMAS COEX / AFP
Le nouveau premier ministre, Jean Castex, souhaite conclure le « Ségur de la santé » « la semaine prochaine » et régler « à court terme » le dossier des retraites, affirme-t-il dans un entretien publié le 5 juillet dans le Journal du dimanche (JDD), où il prévient ne pas croire « au consensus mou ».

« Des décisions essentielles sont sur la table. L’emploi, évidemment, qui dans le contexte actuel requiert une mobilisation de tous dans le cadre de la nouvelle donne sociale lancée par le président de la République. Le soutien aux soignants et la transformation de notre système de santé dans le cadre du “Ségur” que je conclurai la semaine prochaine », a-t-il déclaré.

Faute d’accord avec les organisations syndicales, le gouvernement de son prédécesseur Edouard Philippe avait décidé jeudi de prolonger de quelques jours le « Ségur de la santé », alors qu’une enveloppe de 7 milliards d’euros se trouve sur la table pour les salaires des soignants.

« Nouvel agenda social »

« Le plan de relance doit être finalisé. A quoi s’ajoutent les réformes qui étaient dans les tuyaux sur les retraites et sur l’assurance-chômage. Et celle de la dépendance qui devra venir ensuite et qui correspond à une nécessité. Tous ces sujets sont directement impactés par la crise, ce qui nécessite de les reprendre dans un cadre concerté et avec une cohérence d’ensemble », a-t-il ajouté.

Interrogé sur les inquiétudes des syndicats concernant la réforme des retraites, il a affirmé que « dire qu’on va réexaminer un sujet, ce n’est pas se renier. C’est montrer notre capacité d’adaptation aux nouvelles circonstances, qui sont douloureuses ».

« Par exemple, la crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme ? C’est mon souhait », a-t-il dit.
« Nous devrons nous fixer un nouvel agenda social », a-t-il poursuivi, affirmant espérer un « compromis, qui n’est pas une compromission », pour sauver les régimes de protection sociale.

« Je ne crois pas au consensus mou »
Il a défini sa méthode comme « un mélange de volontarisme et d’expérience, avec le souci de rassembler ». « Mais, attention, je ne crois pas au consensus mou. Le temps est à l’action », a-t-il averti.

Il a dit mettre « les bouchées doubles » avec Emmanuel Macron pour annoncer au plus vite la composition de son gouvernement. Répondant aux rumeurs sur une équipe resserrée autour de grands pôles principaux, il a affirmé ne « pas être sûr que des périmètres trop étendus soient forcément la garantie d’une plus grande efficacité ».

Après la forte percée verte aux municipales, il a répété que l’écologie n’était « pas une option ». « C’est une obligation », a-t-il ajouté. Il entend « accélérer » les décisions en listant « avec les acteurs locaux tout ce que l’on peut faire immédiatement », comme la lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau, contre l’artificialisation des terres, pour l’isolement thermique, les toitures photovoltaïques, ou le bien-être animal.

Ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée du temps de Nicolas Sarkozy, M. Castex, qui vient de rendre sa carte des Républicains, s’est dit « peu attaché aux affaires des partis » mais a estimé « naturel » de s’inscrire « sans ambiguïté » dans la majorité présidentielle ; car « celui qui accepte de devenir premier ministre est, par vocation, le chef de la majorité : c’est son devoir de l’animer et de l’associer ».

Alors que ses détracteurs le voient comme un simple exécutant de la volonté présidentielle, il a souligné qu’il n’entrait « pas dans les intentions du chef de l’Etat de faire de [lui] un subordonné voué aux tâches secondaires ». Et de poursuivre : « Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de “collaborateur”. »

Le Monde avec AFP