Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV)

Le Monde - Le point sur l’épidémie de Covid-19 en France : le président du conseil scientifique pointe « la fatigue générale » des soignants

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Lors d’une audition devant la commission d’enquête du Sénat, Jean-François Delfraissy a annoncé que des prélèvements salivaires seraient opérationnels d’ici à octobre.

Le Monde avec AFP et Reuters
Mis à jour le 16/09/2020

Alors que la pandémie due au nouveau coronavirus, qui a fait près de 31 000 morts en France, connaît un regain d’intensité, les autorités ont pris des mesures pour favoriser les tests et laissé aux autorités locales, dans les Bouches-du-Rhône et en Gironde notamment, annoncer de nouvelles restrictions.

Le projet de loi prolongeant jusqu’au 31 mars 2021 la possibilité de restreindre rassemblements et déplacements en raison de l’épidémie de Covid-19 sera présenté mercredi en conseil des ministres, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source gouvernementale mardi 15 septembre. Le texte étend de six mois la législation en vigueur, dont la date butoir était fixée au 30 octobre. L’Assemblée doit en commencer l’examen le 1er octobre.

Mardi, la France a enregistré 7 852 nouveaux cas de Covid-19, selon les données de Santé publique France. Cent cinquante-deux malades du Covid-19 ont été hospitalisés en vingt-quatre heures et, parmi eux, 31 ont été admis en réanimation. Le taux de positivité des tests est remonté de 5,3 % à 5,4 % et 866 foyers d’infections sont en cours d’investigations (+ 68 en vingt-quatre heures). Trente-sept décès supplémentaires ont par ailleurs été recensés, ce qui porte le bilan à 30 999 morts depuis le début de l’épidémie en France.

Mise en garde du président du conseil scientifique
Le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a mis en garde mardi contre la « fatigue » du système de soins français en cas de deuxième flambée épidémique. « Les soignants français ont une capacité à répondre. Ils l’ont fait une fois, je ne suis pas sûr qu’ils puissent le faire une deuxième fois. Ils sont dans une fatigue générale, une lassitude », a souligné le médecin lors d’une audition devant la commission d’enquête du Sénat pour l’évaluation des politiques publiques face aux grandes pandémies.

A propos des tests, le professeur Delfraissy a annoncé que des prélèvements salivaires seraient opérationnels fin septembre, début octobre. Selon lui, ces tests, plus faciles à pratiquer que le prélèvement nasal et moins désagréables pour la personne testée, permettraient d’avoir « une stratégie plus simple » en matière de tests.

Les sénateurs ont ensuite auditionné le professeur Didier Raoult. Le microbiologiste, connu pour sa défense de l’hydroxychloroquine, devait initialement échanger devant les élus avec l’épidémiologiste Dominique Costagliola, directrice de recherche à l’Inserm, et l’infectiologue Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat. Mais il a finalement refusé le format table ronde. « C’est au-dessus de mes forces [de] discuter sereinement avec des gens qui m’insultent », s’est justifié le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) en maladies infectieuses de Marseille, en ouverture de son audition.

Dans de longues réponses très techniques et renvoyant à des « données » disponibles en ligne, le scientifique a une nouvelle fois justifié la politique massive de tests pratiquée à l’IHU dès le début de l’épidémie et affirmé l’efficacité de l’hydroxychloroquine, démentie par un grand nombre d’études à travers le monde. Il s’est dit « extraordinairement surpris » par l’ampleur des mises en garde contre les effets secondaires de ce médicament, un dérivé de la chloroquine habituellement utilisé pour traiter des maladies auto-immunes.

Grève dans des laboratoires Biofusion
Les vingt laboratoires Biofusion du Tarn-et-Garonne, de la Haute-Garonne et du Lot étaient fermés mardi en raison d’une grève des salariés qui protestent notamment contre une « prime Covid » jugée insuffisante, a appris l’AFP auprès de la direction et des syndicats.

Il s’agit d’un des premiers mouvements de grève dans des laboratoires de biologie médicale depuis la multiplication des tests virologiques (PCR) en France dont le nombre dépasse désormais le million par semaine. Cet objectif, fixé par le ministre de la santé, Olivier Véran, est synonyme de travail à la chaîne pour les laboratoires, dont les personnels fatiguent.

Mardi matin, quelque 70 salariés de Biofusion, entreprise membre du groupe Inovie, se sont rassemblés devant un site à Montauban, a constaté un journaliste de l’AFP. La déléguée syndicale CFDT, Catherine Bellenque, a expliqué à la presse que tout était « parti de la petite prime reçue comme prime Covid ». « Je crois que c’est le départ de notre mouvement de grève. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cette prime est dérisoire comparée à l’investissement du personnel qu’ils soient coursiers, secrétaires, techniciens, infirmières », selon elle. « On souhaite que la prime Covid soit revalorisée parce que nous sommes, nous aussi, en première ligne. (…) Notre plateau technique est capable de faire 1 500 tests par jour et nous sommes à 5 000 ».

Les départements de Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne sont classés en « zone rouge » de circulation active du Covid-19. Selon le dernier point de l’agence régionale de santé (ARS), il y avait dans l’ensemble de l’Occitanie vendredi 11 septembre 217 hospitalisations, dont 43 en réanimation avec un bilan total des morts depuis le début de la pandémie de coronavirus s’élevant à 543 dans les établissements de santé.

Le plan Orsan déclenché en Guadeloupe
L’agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe a annoncé mardi avoir déclenché depuis samedi le plan Orsan, face à l’afflux de patients dû au coronavirus, critiquant un mouvement de grève dans une clinique « indispensable » à la gestion de la crise. Le plan vise à « réguler les flux de patients sur notre territoire », a expliqué l’ARS.

La Guadeloupe, classée en « zone rouge », a comptabilisé la semaine dernière plus de 800 cas positifs (pour 3 080 cas cumulés depuis le début de la pandémie). Vingt personnes se trouvaient samedi en service de réanimation à l’hôpital. Et 24 personnes sont décédées du Covid-19 depuis le début de la pandémie.

Le préfet a annoncé samedi plusieurs mesures de restrictions, dont la fermeture – à compter de 22 heures en semaine (du dimanche soir au mercredi soir) et à compter de minuit du jeudi soir au samedi soir inclus – des établissements recevant du public, comme les bars et les restaurants, ainsi que la fermeture des gymnases, piscines, palais des sports, hippodromes, des salles d’expositions permanentes ou consacrées à des foires et des salles polyvalentes ou des fêtes.

Football : les Girondins de Bordeaux renoncent à accueillir du public dans leur stade
Au lendemain de l’annonce par la préfecture de Gironde de l’abaissement de 5 000 à 1 000 du nombre maximum de personnes pouvant assister à des événements publics, le club de football des Girondins de Bordeaux a décidé de ne plus accueillir de public dans son stade pour les prochains matchs de Ligue 1.

Cette nouvelle jauge dans le département rend en pratique très difficile pour les clubs d’accueillir du public, la limite de 1 000 personnes englobant également le personnel présent au stade (agents de nettoyage et de sécurité, stadiers, techniciens…).

« Le football est et doit rester un moment d’échange et de plaisir entre une équipe et son public, mais la santé de tous reste la priorité pour contenir ce virus, très présent actuellement en Gironde », a justifié le club dans un communiqué. En Gironde, le taux d’incidence du Covid-19 est de 158 cas pour 100 000 habitants, soit bien plus que le seuil d’alerte, fixé à 100.

Report de la Foire de Paris et de la Foire d’automne en 2021

La Foire de Paris et la Foire d’automne n’auront pas lieu cette année et sont reportées en 2021, ont indiqué mardi leurs organisateurs.

« Au vu des différentes évolutions de la réglementation liée à la gestion de la crise sanitaire et de ses conséquences, c’est avec beaucoup de regrets que Foire d’Automne et Foire de Paris annoncent que l’édition spéciale Foire d’automne - Foire de Paris (…) ne se tiendra pas aux dates prévues », indique un communiqué.

Initialement planifiée du 30 avril au 11 mai, la Foire de Paris avait été reportée à deux reprises et devait avoir lieu du vendredi 23 octobre au dimanche 1er novembre, en même temps que la Foire d’automne. La prochaine édition est finalement reportée du 29 avril au 10 mai 2021 et celle d’automne « aux dates habituelles en 2021 », soit à la fin du mois d’octobre.