Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV)

Le Monde - Le vaccin contre le Covid-19 développé par Sanofi et GSK coûtera « moins de 10 euros » la dose

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Les Etats-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont commandé simultanément près de 500 millions de doses à l’alliance de ces deux laboratoires pharmaceutiques.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 13h06, mis à jour à 13h20

Le coût du futur vaccin en cours d’élaboration par les laboratoires Sanofi et GSK contre le Covid-19 « n’est pas tout à fait défini encore », mais sera « à moins de 10 euros » la dose, a déclaré Olivier Bogillot, président de Sanofi France, samedi 5 septembre sur France Inter.
« On est en train de mesurer l’ensemble des coûts de production qui vont être les nôtres dans les mois qui viennent », a déclaré le président du laboratoire pharmaceutique. Selon lui, le « partage des risques avec les Etats » permet d’avoir des prix « les plus faibles possible ».

Revenant sur le prix autour de 2,50 euros la dose annoncé par le laboratoire concurrent anglo-suédois AstraZeneca, M. Bogillot a expliqué la différence par le fait que Sanofi utilise toutes ses ressources « en interne », ses « propres chercheurs et ses propres usines » pour développer et produire le vaccin, alors qu’AstraZeneca « a beaucoup sous-traité la production ».

« Les Français et les Européens auront le vaccin de Sanofi au même moment que les patients américains », a-t-il assuré. « On a signé au cours de l’été avec les Américains, la même semaine avec les Européens et avec les Britanniques », a-t-il résumé : les Etats-Unis auront environ 100 millions de doses, les Européens 300 millions et la Grande-Bretagne en aura 60 millions.

Une entité européenne pour les principes actifs
Pour la partie européenne, le vaccin sera fabriqué en France, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), a rappelé le responsable, en saluant l’association de son groupe avec le britannique GSK pour cette opération. « Ce n’est pas commun de s’associer à un concurrent, mais c’est plutôt sain dans cette guerre contre le Covid », a-t-il déclaré. Des « millions de doses » seront aussi fournies aux pays en développement à des conditions tarifaires « tout à fait exceptionnelles ».

Interrogé sur le projet de Sanofi de regrouper au sein d’une entreprise autonome six de ses sites européens spécialisés dans les principes actifs, afin de diminuer sa dépendance croissante vis-à-vis de la production asiatique, il a confirmé le projet du groupe « d’introduire en Bourse » la nouvelle entité « dans les mois qui viennent ».

« L’idée, c’est de faire au niveau européen un champion des principes actifs », a-t-il dit en évoquant ce projet annoncé depuis le 24 février. « Si cette entreprise existait déjà, elle serait numéro deux mondiale », a-t-il affirmé. Le projet vise à réunir les sites de Brindisi (Italie), Francfort Chimie (Allemagne), Haverhill (Royaume-Uni), Saint-Aubin-lès-Elbeuf et Vertolaye (France) et Ujpest (Hongrie).

Les principes actifs sont les substances et les molécules d’origine végétale ou chimique qui donnent au médicament ses propriétés thérapeutiques ou préventives. La tendance pour les grands laboratoires est de les sous-traiter pour réduire les coûts de production. Aujourd’hui, 60 % à 80 % de ces substances sont produits hors de l’Union européenne, principalement en Inde ou en Chine.

Le Monde avec AFP