Environnement et facteurs dégradant la santé

Le Monde - Philips tarde à remplacer des appareils respiratoires susceptibles de créer des problèmes de santé

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé exige que le groupe ait remplacé trois quarts des appareils d’ici à la fin de juin. Elle lui demande également de lancer une étude pour évaluer précisément les risques, en particulier ceux de cancer.

Le Monde avec AFP
Publié le 09/02/2022

« Philips ne respecte pas ses engagements. » C’est le constat, sans appel, de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Le groupe industriel avait annoncé cet été le rappel de quelque 370 000 appareils respiratoires, surtout utilisés contre l’apnée du sommeil, susceptibles de créer certains problèmes de santé. Plusieurs mois après, seuls 7 % d’entre eux ont été repris, a fait savoir l’ANSM mardi 8 février lors d’une conférence de presse.

La situation n’est « plus acceptable », a dénoncé la directrice adjointe de l’agence, Caroline Semaille. Car si les effets à court terme de ces respirateurs défectueux sont connus – toux ou maux de têtes dus aux particules de mousse insonorisante inhalées ou ingérées par le patient –, l’autorité s’inquiète d’un risque théorique de cancer à plus long terme évoqué par Philips.

L’ANSM exige l’accélération du rappel
L’autorité veut désormais utiliser la manière forte contre Philips : elle engagera, dans les prochains jours, une « décision de police sanitaire », a-t-elle annoncé mardi. Concrètement, cela veut dire que Philips s’expose à des poursuites pénales s’il ne respecte pas le calendrier imposé par l’ANSM. L’Agence exige notamment que le groupe ait remplacé trois quarts des appareils d’ici à la fin juin. Elle lui demande aussi de lancer une étude pour évaluer précisément les risques, en particulier ceux de cancer.

Ces risques n’étant à ce stade que théoriques et les premières données, issues d’une étude canadienne, étant plutôt rassurantes, l’ANSM invite les patients concernés à ne pas se défaire de leurs appareils en attendant leur remplacement. « Il vaut mieux conserver un appareil défectueux plutôt que ne plus avoir d’appareil du tout », a prévenu Mme Semaille. « Ce qu’on ne souhaite pas, c’est qu’il y ait une vague alarmiste. »

Le groupe Philips, sollicité par l’Agence France-Presse, n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat. « Nous restons extrêmement concentrés sur la réparation et le remplacement de dispositifs liés à ce rappel », avait déclaré à la fin de janvier Frans van Houten, le président-directeur général de l’entreprise, admettant qu’il faudrait sûrement « plusieurs années » pour rétablir la part de marché du groupe dans le secteur du sommeil.

Le Monde avec AFP