L’hôpital

Le Monde.fr : 4 200 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2018

il y a 2 semaines, par infosecusanté

Le Monde.fr : 4 200 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2018

Dans le même temps, 1 800 places de jour ont été ouvertes dans l’ensemble des hôpitaux et cliniques de France, selon une étude du ministère de la santé.

Publié le 17/10/2019

Alors que la grève aux urgences se poursuit dans plus de 250 services, une étude du ministère de la santé publiée jeudi 17 octobre montre que 4 200 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2018 dans les établissements de santé français. Dans le même temps, ces derniers ont ouvert plus de 1 800 places d’hospitalisation partielle, soit un bilan de 2 400 fermetures nettes sur le territoire. A ces chiffres s’ajoute une pénurie de professionnels de santé.

Après avoir franchi à la baisse le seuil de 400 000 lits en 2017, les hôpitaux et cliniques ont encore réduit leur capacité d’accueil de 1 % l’an dernier. Les 3 036 hôpitaux et cliniques disposaient très exactement de 395 693 lits d’hospitalisation complète, soit 4 172 de moins en un an, précise la direction statistique des ministères sociaux (Drees).

Une diminution qui prolonge le « repli observé depuis plusieurs années, reflet de la volonté de supprimer des lits excédentaires et de réorganiser l’offre » de soins vers « des alternatives à l’hospitalisation à temps complet ».
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Les questions de rémunérations

Dans ce contexte, le « virage ambulatoire » (favoriser les consultations et les soins hospitaliers de jour, sans nuit passée dans l’établissement) s’est poursuivi : 1 839 places « de jour » ont été ouvertes, soit une hausse de 2,4 % portant leur nombre total à 77 291. L’hospitalisation à domicile a également augmenté ses capacités de 3,4 %, soit 18 100 patients « pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire ».

Par ailleurs, 900 lits sur 20 000 sont actuellement fermés à Paris en raison de 400 postes d’infirmiers restés vacants, a annoncé la semaine dernière Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Pour M. Hirsch, les « questions indéniables de rémunérations, accentuées en Ile-de-France », sont « probablement la première raison » de la désaffection des soignants pour l’AP-HP.

Un comble, à l’heure où les soignants du collectif Inter-Urgences, à l’origine d’une grève de sept mois, les syndicats, mais aussi les médecins et les chefs de service réunis au sein du collectif Inter-Hôpitaux (CIH) réclament des lits et des embauches supplémentaires.

Et un argument de plus pour justifier la revendication d’une hausse salariale de 300 euros net mensuels pour tous les personnels, confrontés au quasi-gel du point d’indice depuis dix ans. « Il y a un problème de rémunération si on veut rendre l’hôpital attractif », a reconnu dimanche la ministre de la santé, Agnès Buzyn, qui a déjà généralisé en juillet une prime de 100 euros net mensuels pour tous les professionnels (hors médecins) des urgences.