Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Le Monde.fr : Covid-19 : le variant anglais représente près d’un cas positif sur dix en Ile-de-France

il y a 2 jours, par infosecusanté

Le Monde.fr : Covid-19 : le variant anglais représente près d’un cas positif sur dix en Ile-de-France

Selon l’AP-HP, ce variant du SARS-CoV-2 représente 9,4 % de 1 080 cas dépistés en Ile-de-France entre les 11 et 21 janvier. Il y a trois semaines, une « enquête flash » avait constaté un taux de 2,5 % au niveau national.

Le Monde avec AFP

Publié le 26/01/2021

Face à une épidémie de Covid-19 toujours active et confronté à la nouvelle donne des variants, l’exécutif va devoir décider s’il ajoute un cran aux restrictions sanitaires, tout en se donnant le temps d’observer les résultats du couvre-feu à 18 heures instauré depuis dix jours sur l’ensemble du territoire national.

Les indicateurs de la pression hospitalière et de la mortalité continuent de se dégrader lentement. La France a ainsi recensé 449 morts à l’hôpital lundi 25 janvier (contre 404 une semaine plus tôt) et plus de 3 000 malades du Covid-19 sont actuellement soignés dans les services de réanimation, alors que ce chiffre s’était stabilisé autour de 2 600 à la fin de décembre 2020 et au début de janvier. Le rythme des hospitalisations est, lui, plus nettement reparti à la hausse, atteignant 26 888 malades hospitalisés lundi, selon Santé publique France.

Le variant anglais très présent en Ile-de-France
Le variant anglais du SARS-CoV-2 représente près de 9,4 % sur un échantillon de 1 080 cas dépistés en Ile-de-France entre les 11 et 21 janvier, ce qui augure d’une prochaine hausse « très significative » du nombre de malades, ont expliqué des médecins de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), mardi 26 janvier. « Ces résultats sont à prendre avec précaution » mais confirment « une tendance à l’augmentation de ce variant », a déclaré la professeure Anne-Geneviève Marcelin, virologue à la Pitié-Salpêtrière, lors d’une conférence de presse.

Un taux de 2,5 % au niveau national avait été constaté après une première « enquête flash » nationale les 7 et 8 janvier. Une seconde doit débuter mercredi. L’étude « intermédiaire » menée en Ile-de-France « correspond assez bien aux modélisations qui ont été faites par l’Institut Pasteur », a souligné Mme Marcelin, rappelant que l’organisme tablait sur une fourchette de 2 à 12 % début février, puis de 12 à 64 % début mars.

Avec une souche anglaise « de 40 à 60 % plus contagieuse », le professeur Frédéric Batteux, chef du service d’immunologie de l’hôpital Cochin, a dit s’attendre à « une augmentation [de cas] très significative quand ce variant prendra le dessus ». Les indicateurs sont déjà tous au rouge : appels au SAMU, passages aux urgences, hospitalisations, entrées en réanimation… « On part déjà de haut et on accélère », a-t-il alerté.

Le délai entre l’administration des deux doses du vaccin Pfizer maintenu à « trois ou quatre semaines »
Le ministre de la santé, Olivier Véran, a annoncé mardi que le délai entre l’administration des deux doses du vaccin Pfizer serait maintenu à « trois ou quatre semaines », en dépit des avis de deux autorités sanitaires, qui estimaient qu’on pouvait l’allonger à six semaines pour vacciner davantage de personnes. « Nous sommes face à une part d’inconnu, je fais le choix de la sécurité des données validées », s’est justifié le ministre lors d’une conférence de presse, assurant que la question était « légitime », mais qu’un report n’aurait qu’un « impact mineur sur le rythme des vaccinations ».

Le vaccin contre le Covid-19 développé par l’américain Pfizer et l’allemand BioNTech, premier à avoir été autorisé dans l’Union européenne, le 21 décembre, repose sur l’injection de deux doses, espacées de 21 à 28 jours. Au vu du nombre limité de doses disponibles, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a estimé, le 7 janvier, que la seconde dose pouvait être administrée « entre 21 et 42 jours » après, afin d’augmenter le nombre de patients recevant la première dose dans un délai réduit. La Haute Autorité de santé (HAS) avait à son tour estimé, samedi, qu’espacer de six semaines l’injection des deux doses constituait « une option à considérer ».

A ce jour, 1 092 958 personnes ont été vaccinées contre le Covid-19, selon les autorités sanitaires. Si les vaccins constituent « un espoir majeur pour limiter l’impact, voire résoudre en grande partie la pandémie Covid-19 », ce n’est « pas avant l’été, l’automne 2021 », selon le conseil scientifique.

L’exécutif veut prendre son temps avant un éventuel confinement
Alors qu’un troisième confinement dès cette semaine était présenté comme une piste sérieuse, l’Elysée privilégie désormais le fait d’attendre quelques jours pour mesurer pleinement l’effet du couvre-feu à 18 heures. Dans ces conditions, le chef de l’Etat n’envisage pas de prendre la parole à l’issue du conseil de défense sanitaire prévu mercredi.

« A ma connaissance et sur la base des données dont nous disposons, à ce stade, il n’y a pas de raison de décider un confinement », a réagi mardi la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, sur BFM-TV. « Regardons d’abord, sereinement, calmement, est-ce que le couvre-feu à 18 heures a donné les résultats que nous espérions ? » « Pas de précipitation », a pour sa part intimé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, sur Radio Classique, appelant à « laisser au gouvernement le temps d’étudier la situation » épidémique.

« On n’est pas dans l’extrême urgence. On n’est pas à une semaine près », juge de son côté le président du conseil scientifique, qui guide les choix du gouvernement, Jean-François Delfraissy, dans une interview à Libération. Dimanche, l’immunologiste s’était montré plus alarmiste, disant qu’il y avait « urgence » et qu’il faudrait « probablement aller vers un confinement ».

La contrôleuse générale des prisons demande une stratégie de vaccination spécifique en détention
La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté a exprimé son inquiétude face au « chiffre affolant » de la progression de l’épidémie de Covid-19 dans les prisons. « La situation actuelle est plus grave que celle du printemps dernier. Au 21 janvier, 235 personnels pénitentiaires étaient contaminés ; quant aux détenus, ils étaient 134 à la même date contre 25 au début du mois, soit une hausse de 165 % », s’est alarmée Dominique Simonnot dans une lettre adressée lundi au ministre de la justice et rendue publique mardi.

Mme Simonnot a demandé au garde des sceaux d’envisager, comme au printemps, des libérations de détenus proches de leur fin de peine pour désengorger les prisons et de lancer une campagne de vaccination spécifique tenant compte « à la fois de la promiscuité inévitable en détention, de la vulnérabilité particulière de la population pénale et de la facilité logistique résultant de la concentration des patients en un même lieu ».

De son côté, la chancellerie, contactée par l’Agence France-Presse (AFP), a rapporté qu’une « liste des personnes détenues de plus de 75 ans, réparties par établissement et par direction interrégionale, a été transmise aux autorités de santé pour organiser la campagne de vaccination en détention qui a débuté depuis quelques jours ».

64 000 interventions de l’inspection du travail en lien avec la crise sanitaire
Le directeur général du travail, Pierre Ramain, a fait état, mardi, d’une mobilisation « très forte » de l’inspection du travail en lien avec la crise sanitaire du Covid-19, avec « plus de 64 000 interventions ». Sur ces interventions, « plus de 38 000 ont donné lieu à des suites, dont 400 mises en demeure adressées à des employeurs », qui se sont mis en conformité dans « 93 % des cas », a-t-il poursuivi, évoquant aussi quatorze référés.