présidentielle 2022

Le Monde.fr : Election présidentielle 2022 : le secteur de la santé se mobilise pour faire barrage à Marine Le Pen

21 avril, par infosecusanté

Le Monde.fr : Election présidentielle 2022 : le secteur de la santé se mobilise pour faire barrage à Marine Le Pen

A quelques jours du second tour du scrutin, plusieurs acteurs du milieu de la santé ont exprimé des consignes de vote, appelant massivement à faire barrage à la candidate du Rassemblement national, en votant pour Emmanuel Macron.

Par Sabrina El Mosselli

Publié le 20/04/2022

A quatre jours du second tour de l’élection présidentielle, les prises de position se multiplient et le monde de la santé n’y échappe pas. Tous les acteurs s’accordent, appelant à voter contre Marine Le Pen. Dans une tribune publiée le 16 avril dans Le Journal du dimanche et relayée par la Fédération hospitalière de France (FHF), 1 000 acteurs de la santé lancent un appel « sans détour à faire barrage à l’extrême droite » et à voter pour le président sortant, Emmanuel Macron, selon eux, le « seul vote qui permet de préserver nos solidarités ».

Pour les signataires de la tribune, l’extrême droite incarne une « menace existentielle pour notre démocratie », pour les « valeurs fondamentales de notre pacte républicain : liberté, égalité, fraternité » en remettant notamment en question « l’égalité devant le soin ». La tribune cite, entre autres, le souhait de Marine Le Pen de supprimer l’aide médicale d’Etat (AME) ou encore sa volonté de « stigmatiser les médecins et professionnels étrangers ».

Parmi les signataires de la tribune, on retrouve Frédéric Valletoux, président de la FHF ; Marie-Sophie Desaulle, présidente de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés solidaires (Fehap) ; Eric Chenut, président de la Mutualité française ; ou encore le maire de Reims (Marne) et président de la FHF Grand-Est, Arnaud Robinet (ex-Les Républicains).

« La porte ouverte aux charlatans »
Une autre tribune a cette fois été publiée dans les colonnes de Libération le 17 avril. Un collectif d’une soixantaine de médecins et de personnalités du monde de la santé appelle lui aussi à voter pour Emmanuel Macron au second tour, « malgré [ses] désaccords » avec le président sortant et sa gestion de la crise sanitaire. « Les combats que nous avons menés et que nous mènerons encore […] ne nous détourneront pas du seul objectif qui nous semblera absolument prééminent le jour du vote : faire barrage à l’extrême droite », déclarent les signataires, pour qui l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir « serait la porte ouverte aux charlatans » et « le discrédit permanent jeté sur l’expertise et le progrès scientifique, au profit de fascinations complotistes assumées ». Ils persistent et signent : « Notre vote sera d’abord un combat contre l’exclusion, le sectarisme, l’intolérance, le racisme et la xénophobie, qui ne peut souffrir aucune abstention. »

Le 13 avril, la Mutualité française a elle aussi appelé à « battre l’extrême droite en votant pour Emmanuel Macron », qualifiant le parti de Marine Le Pen de « péril pour notre démocratie et notre cohésion sociale ». Dans un communiqué, la Mutualité française exhorte néanmoins le prochain gouvernement à « apporter réponse » à la « désespérance sociale » des Français « pour retisser le lien de confiance et lutter contre le renoncement démocratique ».

« Ni une adhésion forte », « ni un blanc-seing »
De son côté, l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss) fait part de sa « grande inquiétude » face « aux dangers pour la démocratie » que représente l’extrême droite. « Bien qu’elle soit une organisation non partisane, l’Uniopss n’en porte pas moins des valeurs politiques d’une société solidaire, respectueuse de chacun et chacune, ayant pour principe l’égalité de tous », déclare-t-elle dans un communiqué. Des valeurs d’après elle menacée par le programme de Marine Le Pen. L’Uniopss appelle donc à « voter Emmanuel Macron le 24 avril », précisant que « cet appel ne correspond ni à une adhésion forte au programme du candidat ni un blanc-seing sur les politiques sociales à mener ». L’Uniopss somme le président sortant de faire de son prochain mandat s’il est réélu « un quinquennat social ».

D’autres organisations ont également pris position comme le Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des hôpitaux publics (SNAM-HP) et la Coordination médicale hospitalière (CMH) qui ont dans un communiqué commun mardi 12 avril, lancé « un appel solennel afin de faire barrage à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen » et « à voter massivement pour Emmanuel Macron ».

Vendredi, c’était au tour du syndicat de médecins libéraux, MG France, d’appeler « tous les médecins, les professionnels de santé et la population à refuser le vote d’extrême droite ». Le syndicat refuse lui aussi la remise en cause de l’AME pour les populations d’origines étrangères dans le programme de la candidate d’extrême droite. Il critique par ailleurs la mesure « inadaptée » de la variation du tarif de consultation selon le lieu d’exercice comme solution au problème des déserts médicaux ou encore la « liberté vaccinale » prônée par le Rassemblement national (RN). « Compte tenu d’un résultat électoral probablement plus serré qu’en 2017, personne ne doit oublier que s’abstenir ou voter blanc revient à choisir la candidate de l’extrême droite », conclut le syndicat.

« Discrimination dans l’accès aux soins »
Le président de l’Union française pour une médecine libre (UFML-S), Jérôme Marty, a fait passer son message par Twitter, appelant à « ne pas voter pour Mme Le Pen et à soutenir le président Macron » dans une vidéo. Enfin, l’Union syndicale de la psychiatrie (USP) dénonce les mesures du programme de la candidate du RN. « Penser que la suppression de l’AME, outre la nausée qu’elle provoque pour nous, amènerait des économies est un mensonge éhonté, écrit l’USP dans un communiqué. Cette mesure aggraverait les épidémies et serait susceptible de faire réapparaître des maladies presque oubliées. »

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Le syndicat, qui se montre par ailleurs très critique envers le quinquennat d’Emmanuel Macron, désigne le programme de Marine Le Pen comme « celui de la violence et la haine de l’autre », promouvant « la discrimination dans l’accès aux soins, ce qui est incompatible avec l’exercice de la médecine ». Il conclut : « Pas une voix venue du syndicalisme de lutte que nous défendons ne saurait rejoindre le nom de Le Pen. Son programme est notre ennemi mortel. »

Sabrina El Mosselli