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Le Monde.fr : Elections municipales à Paris : Agnès Buzyn désignée candidate LRM en remplacement de Benjamin Griveaux

il y a 1 mois, par infosecusanté

Le Monde.fr : Elections municipales à Paris : Agnès Buzyn désignée candidate LRM en remplacement de Benjamin Griveaux

Le député et médecin Olivier Véran est nommé ministre de la santé, Agnès Buzyn ayant démissionné pour devenir la nouvelle tête de liste du parti présidentiel dans la course à la Mairie de Paris.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 16h28, mis à jour à 21h22

Deux jours après que Benjamin Griveaux a abandonné la course à la Mairie de Paris à la suite de la diffusion sur Internet de vidéos intimes, La République en marche (LRM) lui a trouvé une remplaçante, Agnès Buzyn. Elle-même est remplacée au poste de ministre des solidarités et de la santé par le député et médecin Olivier Véran, a annoncé l’Elysée dimanche 16 février dans la soirée.

Agnès Buzyn avait fait savoir dans l’après-midi qu’elle se présentait dans la capitale sous l’étiquette du parti présidentiel aux élections municipales de mars. « J’y vais, j’en ai envie. J’y vais pour gagner », a-t-elle déclaré. « Je souhaite aujourd’hui partager avec les Parisiennes et les Parisiens mon désir de rejoindre la campagne municipale de Paris : j’aime Paris, je la connais, j’y suis née, j’y habite depuis toujours, et je pense avoir beaucoup à apporter à toutes celles et tous ceux qui, comme moi, y vivent au quotidien », écrit-elle dans une lettre d’intention, transmise à l’Agence France-presse (AFP).

Le bureau exécutif du parti présidentiel a officialisé sa désignation dans la foulée, affirmant dans un communiqué avoir jugé que sa candidature était « la plus solide dans la situation inédite qu’a vécue la majorité ces derniers jours ». Mme Buzyn « fait consensus au sein de toutes les parties prenantes de la campagne parisienne et de la majorité », a ajouté Stanislas Guerini, le délégué général de LRM.

Officiellement investie, Mme Buzyn a annoncé qu’elle quittait ses « fonctions ministérielles tant le surcroît d’activité intense, notamment lié à la gestion du coronavirus, demande une implication totale ». Elle a remis sa démission au premier ministre Edouard Philippe et au président Emmanuel Macron. « Le président de la République salue la décision d’Agnès Buzyn, une décision de coeur et d’engagement, une décision courageuse, sa volonté de mener le combat électoral à Paris l’honore », a précisé l’Elysée.

Un « abandon de poste » pour ses rivaux
Pour Gilles Le Gendre, le patron des députés marcheurs, « Agnès Buzyn saura rassembler les Parisiens et construire avec eux un avenir de progrès pour la capitale ». L’ancien candidat à la mairie de Paris et député LRM, Mounir Mahjoubi ne se montre pas rancunier : « Elle nous a convaincus, a-t-il dit. Au boulot pour construire ensemble la suite. Je suis heureux et je serai à ses côtés jusqu’à la victoire. Les Parisiennes et les Parisiens sont prêts pour l’alternance. » Selon Patrick Mignola, chef de file des députés MoDem, la ministre de la santé « saura apporter un nouveau souffle à la capitale ».

L’entourage du candidat dissident Cédric Villani, ancien LRM, critique en revanche un choix qui « fragilise l’exécutif en pleine crise sanitaire ». Une opinion partagée par l’opposition, à l’instar d’Emmanuel Grégoire, directeur de campagne de la maire sortante et candidate PS Anne Hidalgo :

« Il y a deux jours Agnès Buzyn expliquait qu’elle ne pouvait être candidate à Paris en raison des sujets majeurs dont elle s’occupe : coronavirus, crise hospitalière… Cet abandon de poste montre que l’intérêt de LRM prime sur l’intérêt national, c’est une grave faute politique ».

« Le système de santé public a été mis en situation de thrombose par la gestion de Madame Buzyn. Nous en sommes à 11 mois de grève dans l’hôpital. La campagne de la République en Marche à Paris est terminée. Madame Buzyn représente la destruction de l’hôpital public », a aussi énuméré sur Twitter le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

L’eurodéputé Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a lui jugé sur LCI cette décision « inquiétante et accablante pour la Macronie », alors que « le pays traverse une épidémie inquiétante, celle du coronavirus avec un premier patient décédé il y a quelques jours ».

Coronavirus, hôpital public et retraites
Vendredi encore, Agnès Buzyn affirmait en effet sur France Inter qu’elle ne « pourrait pas » être candidate en raison de son agenda « très chargé ». Son départ du ministère de la santé et des solidarités intervient alors que les dossiers sur son bureau sont nombreux, entre la crise du coronavirus mais aussi la situation de l’hôpital public et le débat parlementaire sur les retraites, où elle devait tenir le banc du gouvernement aux côtés du secrétaire d’Etat Laurent Pietraszewski.

Mon « successeur évidemment prendra en main » les sujets « d’importance » du ministère, avait assuré Agnès Buzyn. C’est maintenant Olivier Véran qui va devoir gérer les nombreux dossiers sensibles du ministère. Agé de 39 ans et issu des rangs socialistes, ce député LREM, neurologue de profession, était rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée et co-rapporteur de la loi sur la réforme des retraites. Adepte de formules chocs, volontiers taquin avec les oppositions, il espérait depuis longtemps entrer au gouvernement, y compris sous le précédent quinquennat.
A 58 ans, l’ancienne médecin et ex-présidente de l’institut national du cancer hérite, elle aussi, d’une mission difficile, à moins de trente jours du premier tour le 15 mars. Avant son retrait spectaculaire vendredi, Benjamin Griveaux n’arrivait qu’en troisième position dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la candidate des Républicains Rachida Dati.

En parallèle, l’enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d’une plainte contre X par M. Griveaux se poursuit. L’artiste russe Piotr Pavlenski, qui a revendiqué la diffusion des vidéos à caractère sexuel, et sa compagne, soupçonnée d’avoir été la première destinataire de ces images, étaient en garde à vue dimanche pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et « diffusion sans l’accord de la personne d’images à caractère sexuel ».