Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV)

Le Monde.fr : La progression du coronavirus en France est au plus haut depuis la fin du confinement

il y a 3 semaines, par infosecusanté

Le Monde.fr : La progression du coronavirus en France est au plus haut depuis la fin du confinement

Les hospitalisations, en revanche, continuent globalement de refluer. Paris et les Bouches-du-Rhône passent en zone de « circulation active du virus ».

Le Monde avec Reuters

Publié le 13 août 2020

Avec 2 846 nouvelles contaminations en l’espace de vingt-quatre heures, la progression du coronavirus en France est au plus haut depuis la fin du confinement, montrent les bilans publiés vendredi 14 août par la direction générale de la santé (DGS). Le nombre de patients hospitalisés continue cependant de baisser.

Au total, plus de 212 211 contaminations ont été recensées depuis le début de l’épidémie et 30 406 personnes sont décédées du Covid-19, soit 19 de plus que jeudi, selon la DGS. La veille, 2 669 nouveaux cas avaient été recensés, ce qui en faisait déjà le chiffre le plus haut depuis le 11 mai. Il fallait alors remonter au 27 avril, période où les tests étaient certes moins répandus, pour trouver trace d’une plus grande augmentation des cas en une journée.

Les hospitalisations, en revanche, continuent globalement de refluer. La France compte dans ses hôpitaux, vendredi, 4 828 patients atteints d’une infection Covid-19 contre 4 864 jeudi, soit 36 patients de moins en vingt-quatre heures. En réanimation, en prenant compte à la fois des entrées et des sorties, le nombre de patients atteints d’une forme grave de la maladie recule lui aussi, à 367 lits occupés, soit sept de moins que la veille.

Paris et le département des Bouches-du-Rhône classés en zone active de circulation du coronavirus
Face à la progression inquiétante du nombre de contaminations à Paris et dans le département des Bouches-du-Rhône, un décret paru vendredi Journal officiel confirme le passage de ces deux agglomérations en zone de circulation active du virus.

Le classement en « zone active du virus » permet aux préfets concernés d’interdire la circulation des personnes et des véhicules, ainsi que l’accès aux moyens de transport collectifs dans certains secteurs, précise la loi du 9 juillet organisant la sortie de l’état d’urgence sanitaire.

Les autorités peuvent également ordonner la fermeture provisoire d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public, comme les bars, restaurants, centres commerciaux ou musées notamment, ainsi qu’interdire les marchés.

Ce décret entérine également la prolongation de l’interdiction des événements de plus de 5 000 personnes, annoncée mardi par le premier ministre, Jean Castex. Jusqu’ici, l’interdiction devait s’achever le 31 août. Le chef du gouvernement a rapporté qu’elle serait prolongée « jusqu’au 30 octobre », une date qui n’est pas précisée dans le décret publié vendredi.

Par ailleurs, en Sarthe, la préfecture et l’Agence régionale de santé (ARS) ont annoncé le lancement d’un plan d’action pour faire face à une recrudescence des contaminations, principalement chez les jeunes et dans les villes du Mans et de Sablé-sur-Sarthe. « Entre début juillet et début août, le nombre de cas confirmés a quasiment doublé, et là, en onze jours, il a doublé », a expliqué lors d’une conférence de presse Stephan Domingo, directeur territorial de l’ARS Pays de la Loire.

Selon les bilans en date du 11 août, le taux d’incidence est de 32 cas pour 100 000 habitants dans le département, contre 14,3 en moyenne pour l’ensemble de la région Pays de la Loire, et le taux de positivité des tests s’y élève à 3,8 %, contre 1,8 % dans la région.

« Les indicateurs sont mauvais, mais il n’y a pas de fatalité »
« Les indicateurs sont mauvais, les signaux sont préoccupants et la situation se dégrade. Mais il n’y a pas de fatalité. Le sort de l’épidémie (de Covid-19) est entre nos mains », a assuré vendredi sur France Inter, Jérôme Salomon, directeur général de la santé.

« On peut freiner l’épidémie et mettre fin à des clusters à risque », a cependant souligné M. Salomon, numéro 2 du ministère de la santé, en citant le cas de la Mayenne, un département où plusieurs foyers de Covid-19 avaient été identifiés. « Les Mayennais se sont mobilisés, ont observé l’ensemble des gestes barrières, ont accepté de se faire tester massivement : ça a marché ! », a-t-il précisé.

M. Salomon a rappelé qu’il était nécessaire de se faire tester « quand on a des symptômes, même vraiment bénins, quand on a été exposé, quand on a un collègue, un ami qui est positif ». « A la rentrée, le virus sera toujours là et nous devrons vivre avec, mais en appliquant le pacte prévention et les mesures barrières : c’est le meilleur moyen de vivre bien avec le virus », a-t-il conclu.

Depuis juillet, le nombre de foyers épidémiques (clusters) détectés par semaine croît et cette hausse s’accentue, observe par ailleurs SPF, avec 112 clusters signalés du 3 au 9 août. La DGS observe aussi que 49 % des 926 clusters, ou regroupements de cas, enregistrés se situent en milieu professionnel, contre 28 % issus de rassemblements publics ou privés et notamment en milieu familial élargi.

Le gouvernement français, qui a déjà pris une série de mesures dont la promotion de la généralisation du port du masque pour tenter d’éviter une reprise de l’épidémie, travaille également à adapter les protocoles en vigueur dans les entreprises pour préparer la rentrée.

Les appels se multiplient pour imposer le masque en entreprise
Vendredi et mardi, des réunions sont prévues rue de Grenelle avec les dirigeants syndicaux et patronaux pour adapter ce protocole, selon une invitation dont l’Agence France-Presse a obtenu copie. Le protocole actuel impose le port du masque uniquement quand la distanciation d’un mètre n’est pas respectée. Le salarié doit aussi le porter lorsqu’il est amené à être en contact à moins d’un mètre d’un groupe social constitué librement de personnes qui ne portent pas de masque.

Or, depuis quelques jours, tandis que de plus en plus de villes imposent le port du masque à l’extérieur, le corps médical considère que c’est en entreprise qu’il doit surtout être généralisé. « 50 % des clusters sont dans des entreprises, médicales ou non médicales. Les hôpitaux, c’est environ 10 % des clusters, les établissements médico-sociaux, les Ehpad, c’est 20 % et les entreprises privées 20 %. Rendons le masque obligatoire dans tous les lieux clos, dont les entreprises privées ! », a insisté sur Franceinfo Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

A ce jour, selon l’agence régionale de santé francilienne, 69 foyers d’infection sont actifs en Ile-de-France, dont 25 % provenant de milieux professionnels (privé-public). Si certains responsables syndicaux se montrent d’ores et déjà favorables à la mesure, mercredi, la confédération des petites et moyennes entreprises s’est dite opposée à une généralisation, jugeant que l’imposer de manière « systématique » serait « excessif ».