Luttes et mobilisations

Le Parisien - Grève désamorcée au Samu 92

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Après avoir déposé un préavis le 24 décembre, les agents qui dénonçaient leurs
conditions de travail ont réussi à obtenir un accord avec la direction hier.

Par Ariane Riou

Le mouvement de grève a été évité. Hier, les assistants de régulation médicale (ARM) du Samu 92 ont trouvé un accord avec l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Ces personnels, premiers interlocuteurs de toute personne qui compose le 15 ou le 112, dénonçaient notamment le non-remplacement de postes vacants et l’état dégradé de leur lieu de travail, installé à l’hôpital de Garches. « On n’en peut plus, confiait une assistante la semaine dernière. On reçoit parfois jusqu’à 2 500 appels par jour et on est en sous-effectifs. Nous sommes épuisés, et les délais d’attente s’allongent pour les patients. »

Deux postes remplacés et trois créations

Dans un protocole de sortie de grève, la direction s’est donc engagée, hier, à « recruter dans les meilleurs délais sur les postes actuels vacants ou à venir et à constituer un vivier de candidatures en prévision des départs annoncés ». Deux postes, sur lesquels des ARM sont en congé longue durée, vont être remplacés. Et trois nouveaux postes seront créés, ce qui porte leur effectif à 38, contre 35 aujourd’hui.

Les potentiels grévistes dénonçaient aussi les conditions dans lesquelles ils travaillent : « locaux mal entretenus », « mobilier défectueux ». Le protocole a acté « l’achat de quatorze chaises pour le premier trimestre 2019 », « des travaux concernant les sols » et « une étude sur le coût et la faisabilité de l’amélioration de la climatisation ».

Menaces avant Noël

L’accord a été trouvé après plusieurs jours de discussion. Lundi dernier, veille de Noël, les syndicats avaient déposé un préavis de grève. L’arrêt du travail devait être effectif dès le 29 décembre. Mais la direction a organisé dès mercredi une réunion avec les syndicats. Et la grève a été suspendue jusqu’à hier lundi, date de la signature du protocole de sortie de grève. « On est satisfaits pour le moment, reconnaît Dominique Babinot, agent hospitalier délégué CGT, présent à la réunion. On a signé parce que ce qui nous est proposé est un plus. Mais on reste méfiants. On va voir comment ce sera mis en place. »

Le jour de Noël, le Samu de Seine- Saint-Denis s’était également mis en grève. Cette dernière n’avait duré que 15 heures, les grévistes ayant réussi à obtenir dix postes. Quelques jours avant, l’Agence régionale de santé (ARS), interpellée par les huit directeurs des Samu d’Ile-de-France, avait déjà annoncé le déblocage de 2,4 M€, soit 300 000 € pour chaque Samu.