L’hôpital

Le Parisien - Manque de soignants : dans les hôpitaux d’Ile-de-France, 15% des lits sont fermés

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Manque de soignants : dans les hôpitaux d’Ile-de-France, 15% des lits sont fenrmésMartin Hirsch, patron de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, tire le signal d’alarme à propos des effectifs, pointant un « ras-le-bol » et une « désaffection » depuis l’été 2021.

Par Le Parisien
Le 28 avril 2022

Le manque de soignants dans les hôpitaux est un problème qui s’installe. Accru par la pandémie du Covid-19 au cours de laquelle ils ont été particulièrement sollicités, le problème a été évoqué mercredi soir par Martin Hirsch, le patron de l’AP-HP, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, qui a en charge les établissements de Paris et d’une très large partie de l’Ile-de-France.

Interrogé sur Fanceinfo, il explique qu’il « nous manque 8% d’infirmières ». « Depuis l’été 2021, il y a une sorte de désaffection, de ras-le-bol, de difficulté. » Plusieurs soucis s’additionnent comme la lassitude causée par la crise du Covid-19, les conditions de travail avec notamment la charge horaire et les plannings, les conditions de rémunération... La mise en place du passe vaccinal a aussi provoqué des départs supplémentaires de l’institution hospitalière.

Une « uberisation » des emplois

Martin Hirsch explique que le nombre de fermetures de lits a ainsi triplé. « D’habitude, on a à peu près 4% ou 5% de nos lits qui ne sont pas ouverts, parce qu’il y a un problème ponctuel ou parce qu’on désinfecte. Depuis six mois, ça oscille entre 14% et 16%. » Le personnel étant épuisé par le cumul des difficultés une part importante se retrouve en arrêt de travail, ce qui augmente le nombre de lits fermés. « On essaye de ne pas fermer de services, mais beaucoup ont la moitié, les deux tiers de leurs lits ouverts. »

Dans plusieurs régions, des établissements ont ainsi fait le choix d’activer le plan blanc. Rappel de personnel sur ses congés, décalage des vacances, recours à la réserve sanitaire, heures supplémentaires, restrictions sur les visites des malades : telles sont les leviers que le plan blanc permet d’activer.

Ces deux dernières années, le gouvernement a acté des hausses de salaires pour les soignants. « Visiblement, ça n’est pas suffisant », constate Martin Hirsch. Evoquant une sorte d’« uberisation au milieu de la fonction publique » il considère que « quand les infirmières sortant d’école préfèrent l’intérim, en choisissant les jours où elles travaillent, plutôt que de prendre un emploi stable, c’est qu’il y a un problème ».