Les retraites

Le Parisien - Retraites : Gilles Le Gendre, patron des députés LREM, ouvre la voie à une suppression de la réforme

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Il insiste sur la nécessité d’aboutir à un « pacte républicain » pour sortir de la crise causée par le Covid-19.

Par Le Parisien avec AFP
Le 12 avril 2020

Le nouveau coronavirus sera peut-être plus fort que la réforme des retraites. Contestée pendant plusieurs mois, suspendue par le président de la République, Emmanuel Macron, en raison de la pandémie de Covid-19, elle est dorénavant l’objet d’interrogations d’une figure majeure de la majorité.

Si elle empêche un pacte républicain de se conclure après la crise sanitaire, « la réforme des retraites devra être mise de côté », estime ainsi Gilles Le Gendre, le président du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, dans un entretien au Journal du dimanche.

Changer le monde sans détruire la mondialisation
Pour le numéro un des députés de la majorité, l’après-crise sanitaire ne sera ni le « Grand Soir » ni comme avant. « Nous devons répondre aux aspirations à une réinvention de nos modèles, français, européens, mondiaux, mais résister aux vieilles lunes, comme l’acte de décès de la mondialisation », prévient-il. Il estime que cet après « pourrait s’inscrire dans un nouveau pacte républicain, qui reposerait sur trois piliers : le redémarrage de l’économie, de nouvelles solidarités et protections, et la transition écologique ».

« L’urgence juge-t-il, ce sera la réparation. Mais elle s’accompagnera d’une refondation radicale : nous devrons revoir nos équilibres politiques pour rassembler les Français ; et aussi changer notre manière d’associer ces derniers à l’action publique ».

Pour construire le pacte républicain, il faudra, selon lui, chercher « le consensus le plus large avec les forces politiques, les élus locaux, les syndicats, les associations et les citoyens. À l’Assemblée nationale, notre majorité devra faire prévaloir le compromis plutôt que l’affrontement ».

Une « démocratie sociale épuisée »
Le président du groupe LREM juge que « la réforme des retraites a montré à quel point notre démocratie sociale est épuisée ». « Entre deux réformes utiles, il faudra toujours choisir celle qui rassemble les Français. Si elle empêche le pacte républicain de se conclure, la réforme des retraites devra être mise de côté », affirme-t-il.

« L’hôpital, c’est acté, bénéficiera d’un plan d’investissement massif. Mais ce n’est pas qu’affaire d’argent. Nous devons poursuivre la réforme déjà engagée de notre système de santé », ajoute-t-il, souhaitant aussi ne pas abandonner la « loi sur la dépendance », qui « illustrerait parfaitement les nouvelles solidarités ».