Psychiatrie, psychanalyse, santé mentale

Le Parisien - Santé mentale : la Défenseure des droits demande un plan d’urgence pour les jeunes

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

La crise provoquée par la pandémie de Covid-19 a dégradé l’état psychologique de la jeunesse.

Par Le Parisien avec AFP
Le 2 juin 2022

La Défenseure des droits appelle ce jeudi la Première ministre, Elisabeth Borne, à mettre en place un plan d’urgence pour la santé mentale des jeunes. Le but est d’agir face à « la gravité de la situation », les moyens déployés étant « largement insuffisants ».

« Alors que 2022 a été désignée année européenne de la jeunesse, la Défenseure des droits, Claire Hédon, et son adjoint le Défenseur des enfants, Eric Delemar, appellent la Première ministre à prendre la pleine mesure de la gravité de la situation dans laquelle sont plongés de nombreux jeunes et à agir rapidement pour que la santé mentale des jeunes soit une priorité », indique-t-elle.

Aggravation des troubles dépressifs
La Défenseure des droits a déjà alerté en novembre sur l’état de la santé mentale des jeunes mise à mal par la crise sanitaire, avec une augmentation des troubles dépressifs et une insuffisante prise en charge psychiatrique, dans son rapport annuel sur les droits de l’enfant.

« Santé publique France lui a malheureusement donné raison en publiant des chiffres alarmants sur une augmentation des passages aux urgences pour gestes suicidaires, idées suicidaires et troubles de l’humeur chez les 15 à 24 ans », souligne la Défenseure, déplorant que, « pourtant, certaines structures continuent de fermer des lits en pédopsychiatrie par manque de personnels et de moyens ».

« Le défaut de prise en charge des troubles de santé mentale et les manquements aux droits qui en découlent constituent une entrave au bon développement de l’enfant et à son intérêt supérieur, que deux années de vagues épidémiques ont contribué à aggraver de manière très préoccupante », poursuit-elle. « Alors que le pic d’hospitalisations des adolescents de 2021 ne redescend pas, la situation de certains de ces mineurs reste dramatique, tant les prises en charge sont parfois inadaptées ». Pour la Défenseure des droits, il faut « sortir des approches fragmentaires et strictement sanitaires ».

Dans son rapport de novembre, elle avait fait 29 recommandations pour s’attaquer à ce problème, parmi lesquelles améliorer les dispositifs d’accueil du jeune enfant, développer le « soutien à la parentalité » et ouvrir des « maisons des adolescents » dans chaque département.