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Le Quotidien du Médecin - Pétition contre « l’abattage en médecine générale » : fort de 10 000 signataires, son auteur veut rencontrer Buzyn

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Martin Dumas Primbault
| 06.03.2019

Voilà qui pourrait raviver une polémique qu’on croyait éteinte. Lancée il y a moins de trois semaines, la pétition contre « l’abattage en médecine générale » a atteint ce mercredi 6 mars la barre des 10 000 signataires. Un score plus qu’honorable pour cette initiative du Dr Jean-Baptiste Blanc, inspirée de la colère des syndicats de médecins libéraux contre le modèle d’activité « productiviste » proposé il y a peu par l’Assurance-maladie.

Aux origines de la polémique, on trouve une réunion de négociations avec la CNAM qui a tourné court après que Nicolas Revel a estimé qu’un médecin pouvait passer de 3 ou 4 consultations à 6 par heure avec un assistant médical, tout en se défendant d’en faire un objectif opposable. Furieux, les syndicats ont bruyamment quitté la table des négos.

Fantasmes stakhanovistes

« S’opposant aux fantasmes stakhanovistes du projet de loi santé 2022, la pétition lancée par 100 médecins généralistes en faveur d’une médecine générale de qualité a recueilli en deux semaines plus de 10 000 signatures de milliers de professionnels de santé de tous horizons et de milliers de patients », se félicite aujourd’hui le Dr Blanc.

Fort de cette popularité, il demande à la ministre de la Santé de « prendre en compte et d’introduire (les) propositions dans ses projets » et envisage une rencontre. « C’est avec plaisir que nous lui en ferons part si elle accepte de nous recevoir », conclut-il.

Plusieurs syndicats de médecins se sont également félicités du succès de la pétition. L’UFML-Syndicat, qui fait partie des 100 premiers signataires, y voit un signe de « l’exaspération d’une profession qui fait face chaque jour à une augmentation de la demande en soin tout en maintenant les exigences nécessaires d’une médecine de qualité ».

Lui aussi soutien de la première heure des pétitionnaires, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) a de son côté relayé la nouvelle.