Coronavirus-2019nCoV

Le Quotidien du Médecin - Rapatriement, isolement, recherche des contacts, comment la France s’organise pour lutter contre le coronavirus

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

PAR COLINE GARRÉ - PUBLIÉ LE 27/01/2020

Le gouvernement Français a annoncé le rapatriement prochain des Français qui le souhaitent de la zone d’épidémie du coronavirus (virus 2019-nCoV) en Chine, alors que six cas suspects sont toujours à l’étude en France et que les trois cas confirmés sont toujours hospitalisés.

Ce rapatriement, prévu en milieu de semaine, se fera avec l’accord des autorités chinoises et sous la supervision d’une équipe médicale dédiée. Les personnes rapatriées devront en outre demeurer dans un lieu d’accueil pendant 14 jours, période d’incubation estimée, a précisé Agnès Buzyn ce 26 janvier. Quelques dizaines à centaines de personnes seraient concernées.

3 cas confirmés en France

Trois cas de ce virus 2019-nCoV ont été confirmés en France chez des personnes ayant récemment séjourné à Wuhan, où l’infection a démarré en décembre. Ce sont les premiers confirmés en Europe.

Un Français d’origine chinoise est hospitalisé à Bordeaux, au CHU Pellegrin. Âgé de 48 ans, il est revenu le 22 janvier en France après un séjour en Chine dans le cadre de son travail dans le milieu du vin.

Les patients hospitalisés à Paris sont un homme âgé de 31 ans et une femme de 30 ans, selon le Pr Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à Bichat. Originaire de Wuhan, le couple est arrivé le 18 janvier en France pour un voyage.

« Ils vont très bien. Nous sommes tout à fait rassurés sur leur évolution, a rassuré le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. Nous avons identifié les cas contact des trois cas confirmés en France. Ces cas contact sont extrêmement peu nombreux et il n’y a pas de cas contact à haut risque. » Les autorités leur ont demandé de rester chez eux en surveillant l’apparition éventuelle de symptômes, fièvre, toux ou troubles respiratoires.

Les critères de risques sont soit des contacts très proches (contact à moins d’un mètre en face-à-face, situations de contact intime, le fait de vivre dans la même maisonnée...), soit des contacts moins proches mais prolongés, a précisé à l’AFP Daniel Lévy-Bruhl, de l’agence sanitaire Santé publique France.

Les personnes considérées à risque doivent prendre leur température deux fois par jour et appeler quotidiennement les autorités de santé locales.

Résultats attendus pour 6 autres cas

Par ailleurs, l’on attend les résultats des tests de six autres cas suspects, sans rapport avec les trois cas confirmés.

Une équipe médicale d’accueil de plusieurs dizaines de personnes est en place depuis ce 26 janvier à l’aéroport de Roissy pour prendre en charge des voyageurs qui présenteraient des symptômes d’infection, a aussi annoncé la Direction générale de la santé. La France n’a en revanche pas instauré de mesure de contrôle aux frontières de passagers en provenance de Chine (avec contrôle de leur température par caméra thermique) – une mesure dont l’efficacité est débattue par les scientifiques.

Une procédure articulée autour du 15 et des hôpitaux de référence

Les autorités se veulent rassurantes. Et de rappeler les consignes : si on pense être infecté par le coronavirus, il ne faut pas aller chez son médecin traitant ni aux urgences, pour éviter toute potentielle contamination, mais rester chez soi et appeler le 15 (Samu) en faisant état des symptômes et du séjour récent en Chine. Le cas échéant, des patients susceptibles d’avoir été infectés sont dirigés vers des hôpitaux de référence, disposant de chambres adaptées. À Paris, il s’agit de Bichat et de la Pitié-Salpêtrière. Il en existe 12 autres en province.

Le Centre national de référence (CNR) de l’Institut Pasteur de Paris doit vérifier si le patient est positif ou négatif, grâce à un test mis au point après le séquençage du virus par les Chinois. Ce test sera bientôt disponible en province pour accélérer le diagnostic. En l’absence de médicament contre le coronavirus, la prise en charge consiste à traiter les symptômes.

La coexistence avec l’épidémie grippale en plein pic, dont les symptômes sont proches de ceux du virus 2019 nCoV pourrait entraver le repérage, a estimé le Pr Salomon.

En Chine, 2 744 personnes ont été contaminées, au 27 janvier, et 80 malades sont décédés. Le taux de mortalité du virus serait assez faible. Mais il reste difficile à déterminer « puisqu’au stade initial de l’épidémie, on détecte seulement les cas sévères plutôt que les cas plus légers, voire asymptomatiques », explique « The Lancet ».

L’on dénombre aussi cinq cas en Thaïlande et aux États-Unis, quatre en Australie, Malaisie, et Singapour, trois cas au Japon, à Taïwan, en Corée du Sud, et deux cas présumés au Canada.

L’Organisation mondiale de la Santé a considéré ce 27 janvier que la menace liée au virus était trés élevée à l’International.