La psychiatrie

Le Quotidien du médecin - Autisme : les psychiatres pointent les « déclarations indignes » de Sophie Cluzel

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Elsa Bellanger
| 09.04.2019

Les propos de la secrétaire d’État aux Personnes handicapées, la semaine dernière, au micro de Jean-Jacques Bourdin, n’ont pas manqué de faire réagir les psychiatres. À la veille de la Journée mondiale de l’autisme, le 2 avril, Sophie Cluzel s’était exprimée sur la prise en charge psychiatrique des personnes souffrant de cette pathologie.

Une « vindicte dopée à l’audimat »

Selon elle, avec le plan gouvernemental, « il s’agit de ne plus placer des enfants autistes devant des psychiatres (...) Face à un spectre de l’autisme très large, il faut que l’on arrête de parler de psychiatrie ». Plus tard dans ce même entretien, elle a mis en avant des « prises en charge inadéquates dans des hôpitaux psychiatriques où [les personnes autistes] n’ont rien à faire ».

Sur le site du « Quotidien », le Dr Michel David, psychiatre et vice-président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), s’étonnait alors de propos « excessifs ». Son organisation est allée plus loin depuis et dénonce, dans un communiqué, une « vindicte dopée à l’audimat » et une « curée antipsychiatrique », donnant une « image repoussante » des hôpitaux psychiatriques et de ceux qu’elle nomme les « toubibs ».

La condamnation du CNPP

Lui reprochant d’alimenter la « stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques », le SPH rappelle les « interventions pluri professionnelles » et la « coopération pluridisciplinaire » qui président à la prise en charge d’un « nombre croissant de personnes, dont l’intensité des troubles peut constituer un “handicap psychique” ».

De son côté, le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP), qui regroupe onze syndicats et sociétés savantes de psychiatres, exige le retrait de ces « déclarations indignes ». Un communiqué commun « condamne à l’unanimité et avec la plus grande fermeté les propos irresponsables et scandaleux de la Secrétaire d’État ». Selon le CNPP, « ces appréciations brutales découragent et affligent » la profession. Plutôt que de « jeter l’opprobre » sur cette même profession, le communiqué appelle Sophie Cluzel à « rester en cohérence avec la ministre de la Santé et le président de la République ». Ces derniers ont récemment affiché leur volonté de « réinvestir » dans la psychiatrie et de « redonner une perspective à la pédopsychiatrie ».