L’hôpital

Le Quotidien du médecin - Hôpital : des syndicats dénoncent la « spirale infernale » des départs

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

« Plus les conditions de travail se dégradent, plus vous avez de départs ! Et plus la charge de travail augmente pour ceux qui restent, plus vous avez de nouveaux départs. » L’hôpital public peine à sortir d’une « spirale infernale », a résumé ainsi, ce lundi, Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers SNPI CFE-CGC, lors d’une conférence de presse inter-syndicale (AMUF, CGT, CFE-CGE-CGC, SUD, Le printemps de la Psychiatrie, collectifs Inter-Blocs et Inter-Urgences).

À l’ordre du jour, les difficultés récurrentes de l’hôpital public : fermeture de lits, de services, d’établissements, manque de personnel et d’attractivité, départs en cascade, restructurations en cours… Selon, Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé, la crise sanitaire a accentué les problèmes qui existaient auparavant, notamment les fermetures de lits « alors qu’il faudrait renouer avec l’accès à des établissements et des services de proximité sur tout territoire. Et, pour cela, il faut du personnel ».

Le DES de médecine d’urgence, fausse bonne idée ?

Dans les services d’urgence, le Dr Patrick Pelloux, président de l’AMUF, a dénoncé la création du DES de médecine d’urgence assortie de l’obligation de choisir entre le diplôme de DES de médecine générale et celui de médecine d’urgence. Pour l’urgentiste, « on a cassé le lien entre la médecine d’urgence et la médecine générale, donc maintenant les généralistes ne veulent plus faire de la médecine d’urgence. Et ceux qui voudraient en faire ne peuvent pas le faire ». Et comme le métier d’urgentiste est particulièrement pénible, « jusqu’à deux tiers des internes ayant décidé de faire médecine d’urgence renoncent après la première année » selon lui.

Même son de cloche du côté de Pierre Schwob, infirmier, membre du collectif Inter-Urgences qui observe que les professionnels sont désabusés. « On ne voit absolument pas d’avenir pour l’hôpital public, déplore-t-il. Beaucoup sont sur le départ, et pas seulement les paramédicaux. Il y a aussi énormément de médecins et toutes les professions de l’hôpital qui sont en train de partir. » Selon lui, une vingtaine de services d’urgences auraient fermé leurs portes cet été faute de personnel, tandis que les plans de suppression de postes et de fermetures de lits se poursuivent. « Malgré les discours du Ségur, on a toujours du mal à recruter », conclut Pierre Schwob.

Les revalorisations décidées en juillet 2020 ont été jugées « nettement insuffisantes » par Mireille Stivala (CGT Santé). Selon elle, le Ségur n’avait « pas abordé les autres questions de fond : le financement des établissements, les effectifs, les ratios d’encadrement, la formation… » et « il va manquer de plus en plus de professionnels ». Et sans doute plus encore avec l’échéance de l’obligation vaccinale pour les soignants à compter du 15 septembre. La CGT est en train d’en analyser les conséquences sur les effectifs des établissements.