Luttes et mobilisations

Le Quotidien du médecin - Les psychiatres publics appellent à la mobilisation ce 24 juin pour sauver leur exercice et dénoncer le manque de dialogue avec les tutelles

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

PAR COLINE GARRÉ - PUBLIÉ LE 23/06/2021

La coupe est pleine. Quatre syndicats de psychiatres publics* appellent à une journée de mobilisation ce 24 juin pour défendre leur exercice, actuellement dans une « situation dramatique ».

« Jamais la psychiatrie publique n’a été aussi méprisée et maltraitée. Jamais le dialogue social n’a été aussi inexistant  !!! », écrivent l’USP, l’IDEPP, le SPH et le SPEP. Ils en veulent pour preuve le vote fin 2020 de l’article 84 réformant l’encadrement de l’isolement et de la contention, et la publication de son décret d’application en mai. « Les dispositions de l’article 84, voté sans concertation aucune avec la profession sont irréalistes et inapplicables. Pire encore, elles aggraveront la crise démographique de la profession, la désorganisation de nos établissements et elles dégraderont la qualité de la prise en charge des patients. » Elles ont d’ailleurs été censurées une nouvelle fois par le Conseil constitutionnel le 4 juin dernier et doivent être réécrites d’ici à la fin de l’année. Un travail auquel les quatre syndicats exigent d’être associés, ont-ils déjà fait savoir.

Perplexité à la suite du report des Assises de la santé mentale

Les signataires de l’appel à la mobilisation font aussi part de leur « perplexité » à la suite du report des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, « qui représentaient une perspective de mobilisation des pouvoirs publics en faveur de la discipline et un espoir d’investissements à la hauteur de ses besoins ». Annoncées en janvier par le président de la République, ces Assises devaient se tenir avant l’été, et une consultation en ligne a été lancée en mai (recueillant 15 000 réponses). Mais le ministère de la Santé a indiqué mi-juin leur report en septembre.

Ce manque de dialogue s’inscrit dans un contexte tendu à tous les niveaux, décrivent les psychiatres publics, pointant le « sous-financement chronique, la suppression constante et non compensée de lits, la fermeture des structures ambulatoires, le poids exponentiel des tâches administratives, la dérive technocratique et sécuritaire des soins sans consentement, la baisse continue de l’attractivité (près de 20 % des postes d’internes en psychiatrie non pourvus) conjuguée à la crise démographique médicale sans précédent (30 % des postes de PH non pourvus) ».

Les syndicats signataires demandent donc que soit « élaboré et mis en œuvre sans délai un véritable plan de sauvetage de la psychiatrie publique ». Selon les contextes locaux, ils invitent leurs collègues à des actions de grève ou à participer à toute action unitaire dans les hôpitaux ou en ville, ou à des assemblées générales ou réunions organisées pour analyser la situation et réfléchir aux actions à venir.

* L’Union syndicale de la psychiatrie (USP), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), l’Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (IDEPP) et le Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP)