Luttes et mobilisations

Le Quotidien du médecin - Les urgentistes de l’AMUF rejoignent la grève et appellent tous les médecins à faire de même

il y a 2 semaines, par Info santé sécu social

PAR MARIE FOULT - PUBLIÉ LE 12/09/2019 - MIS À JOUR LE 12/09/2019

L’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a annoncé ce jeudi après-midi qu’elle rejoignait le collectif inter-urgences dans le mouvement de grève lancé il y a six mois et qui touche aujourd’hui 250 services d’urgences.

« Nous appelons les médecins urgentistes de ces services à se déclarer grévistes aux côtés des paramédicaux, indique le Dr Patrick Pelloux, président de l’AMUF. Et nous rendons les 754 millions d’euros annoncés par Agnès Buzyn, car cet argent est inadapté et irréaliste ! »

L’AMUF rejette fermement les différentes mesures du plan présenté ce lundi 9 septembre par la ministre de la Santé pour résoudre la crise aux urgences. « Cet argent n’existe pas pour le moment, c’est de la cavalerie budgétaire, s’emporte le Dr Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association. Ce n’est pas sérieux, on est en train de massacrer le service public et les personnels sont épuisés, on n’en peut plus ! »

Le spectre de nouvelles fermetures

La création d’un service d’accès aux soins (SAS) pour 340 millions d’euros dépite particulièrement le Dr Pelloux. « C’est exactement la mission des centres 15 ! Dans beaucoup d’endroits cela fonctionne déjà, même si cela peut être amélioré. On pourrait aussi travailler à améliorer la coopération avec les sapeurs-pompiers », estime-t-il.

La création de 50 maisons médicales de garde à proximité des services d’urgences (pour 10 millions d’euros) ou la possibilité pour les SAMU de conduire un patient chez un médecin libéral (15 millions d’euros) ne trouvent pas plus grâce aux yeux de l’AMUF. Enfin, le « zéro passage aux urgences » pour les personnes âgées d’ici cinq ans (175 millions d’euros) et la création de vidéo à distance dans tous les services (15 millions d’euros) sont qualifiés de mesures « tartignolles ».

« Derrière toutes ces mesures se profile la fermeture des services d’urgences la nuit, les week-ends, pour diminuer l’offre de soins, c’est très grave », insiste le Dr Patrick Pelloux. Il appelle les autres syndicats de médecins hospitaliers « à prendre leurs responsabilités » pour défendre non seulement les urgences, mais aussi l’hôpital public.

200 euros net par garde de nuit

L’AMUF demande à la place que les postes hospitaliers soient à nouveau rendus « attractifs », une amélioration des conditions de travail, une revalorisation financière de 200 euros net par garde de nuit pour les médecins urgentistes et les autres médecins en poste aux urgences, ainsi qu’un arrêt « absolu » des fermetures de lits. Le collectif inter-urgences demande de son côté une revalorisation salariale de 300 euros net mensuels pour les paramédicaux.

Présent à leurs côtés, Hugo Huon, leader du collectif (qui a voté une poursuite de la grève ce mardi 10 septembre) a salué l’élargissement du mouvement aux médecins. « Cela ouvre de nouvelles possibilités pour poursuivre la contestation », souligne-t-il.

Une journée d’action est prévue le jeudi 26 septembre prochain, sous forme de rassemblements locaux.