L’hôpital

Lequotidiendumedecin.fr : Des syndicats et collectifs hospitaliers réclament embauches et revalorisations

il y a 2 mois, par infosecusanté

Lequotidiendumedecin.fr : Des syndicats et collectifs hospitaliers réclament embauches et revalorisations

PAR JULIEN MOSCHETTI -

PUBLIÉ LE 09/11/2021

« Malgré la crise sanitaire, le budget de la Sécu n’a pas l’ambition de reconnaître qu’il faut mettre des moyens dans le système de santé », a dénoncé ce mardi Mireille Stivala, la secrétaire générale de la CGT-Santé, lors d’une conférence de presse. À ses côtés, une dizaine d’organisations syndicales et de collectifs, dont l’intersyndicale Action praticiens hôpital (APH), l’AMUF, Sud Sociaux, CFE-CGC ou les collectifs inter-hôpitaux (CIH), inter-urgences (CIU) et inter-blocs.

Tous ont signé un courrier envoyé aux groupes parlementaires pour dénoncer la hausse de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 2,7% pour l’hôpital. Un taux « synonyme de nouvelles économies, ce qui, dans la situation actuelle, est ressenti comme une véritable provocation », selon eux. Pour ces organisations, ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2022 « s’inscrit dans la continuité d’une politique d’austérité » dans un contexte où « l’insuffisance des recettes et des financements » ne permet pas de répondre aux besoins de la population.

Les fermetures de lits

Or, il y a urgence selon la secrétaire générale de la CGT-Santé, qui fait le constat de « conditions de travail catastrophiques pour les salariés de l’hôpital » ayant des conséquences pour la population car « ces dernières semaines, les fermetures de lits se sont accélérées ». Pour arrêter l’hémorragie, les syndicats et collectifs réclament « des rémunérations décentes » calquées sur le haut de la fourchette de ce qui se pratique dans l’Union européenne, mais aussi la formation et l’embauche de 400 000 professionnels de santé, tous métiers confondus.

Quant à l’urgentiste Emmanuelle Séris, porte-parole de l’AMUF (Association des médecins urgentistes de France), elle déplore « l’absence de formation de médecins en nombre suffisant par rapport aux besoins ». Par ailleurs, les départs en retraite des paramédicaux n’ont pas été compensés par des embauches, « ce qui aboutit à des cumuls de tâches dangereux et délétères pour les patients », selon l’urgentiste. Elle réclame donc des embauches, mais aussi une augmentation des salaires de base des PH. Et, pour compenser la pénibilité, elle réclame le doublement des tarifs de garde de nuit et le week-end.

Nouveau statut de PH et primes non versées

Enfin, Carole Poupon, vice-présidente d’APH, reconnaît que des mesures attractivité ont été prises, notamment l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE), qui a été fixée à 1 010 euros brut et à 606 euros brut pour les praticiens dont les obligations de service sont fixées à 6 demi-journées, depuis décembre 2020. Mais, selon elle, cette prime risque d’être chamboulée par le décret en préparation sur le statut de PH, car « les médecins vont avoir des quotités de travail à l’hôpital, donc ils risquent de perdre ces primes ».

Enfin, les grilles salariales pour les PH sont jugées « injustes » par la biologiste médicale, car « tous les PH nommés après octobre 2020 ne bénéficient pas de leurs échelons, seuls les nouveaux venus et les anciens qui en ont bénéficié ». Elle demande donc un deuxième Ségur pour « une véritable reconnaissance du personnel médical et paramédical ».