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Lequotidiendumedecin.fr : Hôpital public : « un point de rupture est franchi », s’alarment 2 300 médecins et soignants qui réclament des états généraux

il y a 1 mois, par infosecusanté

Hôpital public : « un point de rupture est franchi », s’alarment 2 300 médecins et soignants qui réclament des états généraux

Par Anne Bayle-Iniguez -

Publié le 23/09/2019

Près de 2 300 professionnels de santé – dont 400 médecins chefs de service – ont lancé dimanche un « appel pour des états généraux de l’hôpital public » publié sur le site internet du « Journal du dimanche ».
Alors que le collectif inter-urgences prévoit une nouvelle journée d’action jeudi prochain, 26 septembre, des médecins hospitaliers (PH, PU-PH), internes, cadres de santé, infirmières et aides-soignantes réunis en collectif inter-hôpitaux « alert[ent] une nouvelle fois sur l’aggravation des conditions de travail » et la « dégradation inacceptable des conditions d’accueil des patients et de la qualité des soins » qui en découle. « Un point de rupture est franchi, écrivent-ils. La sécurité n’est plus assurée. »
Grimaldi, Smolski, Gervais...
Si on retrouve dans cet appel plusieurs noms connus du syndicalisme médical et paramédical (dont le Pr André Grimaldi, Anne Gervais, Nicole Smolski, Renaud Péquignot, Jacques Trévidic ou Hugo Huon), adeptes des tribunes dans la presse, la majorité des signataires sont des praticiens et soignants anonymes qui travaillent dans des hôpitaux répartis dans toute la France.

Dans leur motion, ils réclament la « réévaluation des filières de soins, nécessitant l’ouverture de lits pour l’aval des urgences », « l’embauche en nombre suffisant de personnels soignants, de travailleurs sociaux et de secrétaires » (avec un quota par unité de soins), et une « revalorisation des salaires des personnels hospitaliers ».
Côté financement, ils souhaitent que chaque service dispose d’un budget annuel « cogéré avec l’administration ». « La règle doit être le juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité et non la recherche du tarif rentable pour l’établissement », estiment-ils, en référence aux dérives de la tarification à l’activité (T2A) qui alimente la course à l’activité.

Vers une grève administrative ?
Ce collectif inter-hôpitaux met une pression supplémentaire sur la ministre de la Santé, déjà confrontée à une crise inédite des urgences. « En attendant la mise en œuvre de ces mesures urgentes pour sauver l’hôpital public, nous déciderons de suspendre nos activités non médicales et non universitaires, y compris les activités liées à la T2A, aujourd’hui décriée par la ministre, mais toujours en place », insistent les signataires.

Agnès Buzyn s’emploie de son côté à calmer la grogne protéiforme qui monte des hôpitaux publics, notamment sur la question des conditions de travail. Elle était encore au micro de RTL ce dimanche.