L’industrie pharmaceutique

Lequotidiendumedecin.fr : Les CHU ont reçu 170 millions d’euros des laboratoires en 2018

il y a 2 mois, par infosecusanté

Lequotidiendumedecin.fr : Les CHU ont reçu 170 millions d’euros des laboratoires en 2018

Publié le 13/01/2020

170 millions d’euros, c’est le montant reçu par les CHU de la part de laboratoires pharmaceutiques en 2018. Une enquête d’un collectif de journalistes régionaux, baptisé Data + Local, dévoile relance ainsi le débat sur les liens controversés entre médecins et laboratoires.

Au total, plus de 1,36 milliard d’euros de dons, rémunérations ou avantages ont été versés en 2018 pour l’ensemble des professionnels de santé français, dans le public comme le privé, selon les chiffres de la base Transparence Santé, mise en place dans la foulée du scandale du Mediator et rendant obligatoire les déclarations de tout don de plus de dix euros.

78 millions au titre des conventions

Mais l’enquête se concentre plus particulièrement sur les 30 000 praticiens des 32 CHU du territoire. Plus de 92 millions ont été versés aux professionnels de santé exerçant dans ces établissements, auxquels s’ajoutent quelque 78 millions d’euros versés au titre notamment de conventions passées entre les CHU et les laboratoires.

Le journal « Sud Ouest » indique que le CHU de Bordeaux, avec près de 4,5 millions d’euros d’avantages et de rémunérations pour ses personnels soignants en 2018, figure dans le trio de tête des « hôpitaux français dont les personnels sont les plus liés à l’industrie de la santé ». En incluant l’ensemble des dons et subventions, « on arrive à 9,1 millions pour ce CHU », précise auprès de l’AFP Frédéric Sallet, journaliste.

De son côté, « le Parisien » s’est intéressé à l’AP-HP, qui regroupe 39 hôpitaux et a reçu sur cette période 36,5 millions d’euros – dont 26,5 millions d’euros pour les médecins. En Ile-de-France, le laboratoire suisse Novartis est le premier donateur avec près de deux millions versés en 2018, suivi par l’américain AbbVie ou par le français Sanofi « pour des sommes qui dépassent le million d’euros », selon le quotidien francilien.

Pas de cadeaux

Contacté par l’AFP, Sanofi fait valoir que ces sommes correspondent essentiellement à une coopération pour la recherche. « Les relations de travail entre les CHU et les entreprises du médicament sont indispensables pour mettre au point de nouveaux médicaments et les tester dans des essais cliniques », précise l’entreprise.

Même son de cloche pour Novartis qui se défend de faire tout cadeau, « ni grand ni petit », et dit être le premier contributeur en termes d’essais cliniques en France. « Il est impossible pour une entreprise telle que Novartis de développer des médicaments performants et de répondre aux conditions draconiennes de sécurité pour les patients sans nouer des relations de travail étroites avec les professionnels de santé exerçant dans les CHU », affirme le géant suisse.

La conférence des DG de CHU réfléchit

L’AP-HP précise que des progrès importants ont été accomplis ces dernières années pour la prévention des conflits d’intérêts. Son directeur général Martin Hirsch cite plusieurs mesures dont la mise en place de partenariats institutionnels avec des laboratoires « évitant des rétributions directes de l’industrie vers des praticiens », « une gestion beaucoup plus active des cumuls d’activité » pour les praticiens, ou encore l’interdiction « des visites individuelles promotionnelles de l’industrie pharmaceutique et des industriels des dispositifs médicaux ».

Contactée ce lundi par « le Quotidien » la conférence des directeurs généraux de CHU n’a pas souhaité répondre à nos questions. « Une réflexion a été engagée il y a quelques mois au sein de la conférence sur ces sujets et ce travail permettra de communiquer sur la base d’éléments concrets », indique-t-on seulement dans l’entourage de Catherine Geindre, sa présidente. La conférence envisage de publier des recommandations de bonnes pratiques.

M.D.P (avec AFP)