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Lequotidiendumedecin.fr : Statut unique de PH et fin du concours : craintes et doléances des syndicats de praticiens hospitaliers

il y a 3 mois, par infosecusanté

Statut unique de PH et fin du concours : craintes et doléances des syndicats de praticiens hospitaliers

Sophie Martos

| 09.04.2019

Les discussions autour de la création par voie d’ordonnances d’un statut unique de praticien hospitalier (et la suppression du concours de PH), prévue dans le projet de loi de santé, ont démarré début avril. La concertation pilotée par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) devrait s’étendre jusqu’à juillet.
La première réunion a laissé un goût amer. Pour le syndicat Jeunes Médecins, qui réclame ce statut unique de PH titulaire, ce travail « doit permettre une activité mixte publique/privée simplifiée », prévient le Dr Emanuel Loeb, président de cette structure.

Comment entrer dans la carrière ?

Le risque de nomination des PH par les chefs d’établissements – en lieu et place de la procédure nationale pilotée par le Centre national de gestion (CNG) – reste source d’inquiétude. Principale crainte, le développement de recrutements locaux à la discrétion des managers hospitaliers, créant une hiérarchie entre directeurs et praticiens.

Dans un communiqué publié lundi 8 avril, Action Praticiens Hôpital (APH) et Jeunes Médecins affirment toutefois avoir obtenu la promesse verbale que la nomination des PH resterait bien nationale. Mais sous quelle forme ? Question sans réponse. « Quel procédé de sélection allez-vous trouver qui soit aussi républicain qu’un concours ouvert à tous, reconnaissant la compétence médicale et la volonté de l’engagement dans le service public ? interrogent les deux syndicats. Nous serons extrêmement vigilants sur les modalités d’entrée dans la carrière de praticien hospitalier et sommes très attachés au principe d’une liste nationale d’aptitude dont l’accès repose sur un examen par un collège médical de la spécialité. »
Les syndicats souhaitent aussi (surtout) que la grille salariale de PH soit revue « nettement à la hausse, pour l’ensemble des carrières de praticien hospitalier, quelle que soit la spécialité ou le lieu d’exercice », au risque de faire fuir les praticiens de l’hôpital et favoriser le développement de l’intérim.

Fin du statut précaire d’assistant ?

Jeunes Médecins réclame par ailleurs que l’actuel statut d’assistant (au cours du post-internat) soit supprimé. « Ce statut n’a plus de raison d’être, la réforme du 3e cycle l’ayant intégré ! Il est indigent et ne respecte pas l’engagement total des Jeunes Médecins au sein des hôpitaux. 7,23 euros net de l’heure, soit moins que le SMIC horaire, à Bac+10, comment peut-on le tolérer ? », tonne le Dr Loeb.
Sur ces bases, ce syndicat junior milite pour l’ouverture du secteur II « pour tous » dès la fin de la période probatoire. « Il sera préservé par l’automaticité de son ouverture pour tous les praticiens nommée à titre permanent. »

Le salaire devra suivre ce changement statutaire. Jeunes Médecins veut supprimer les cinq premiers échelons de la grille hospitalière et permettre d’accéder directement à l’échelon 6 – soit 4 900 euros bruts par mois contre 4 100 euros (échelon 1) à 4 579 euros (échelon 5) actuels.