Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV)

Les Echos - Covid-19 : couvre-feu étendu, reconfinement partiel… les nouveaux scénarios pour freiner l’épidémie

il y a 2 jours, par Info santé sécu social

Alors que 54 départements sont désormais soumis à un couvre-feu nocturne, le nombre de personnes contaminées continue inexorablement d’augmenter. Dimanche, plus de 52.000 personnes ont été testées positives au Covid-19. Pour les scientifiques, des mesures plus dures sont désormais inévitables.
Les mesures déjà prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus « seront peut-être renforcées si elles ne sont pas suffisamment efficaces », a averti Emmanuel Macron.

Par Tifenn Clinkemaillié
Publié le 26 oct. 2020

L’espoir de traverser l’automne sans casse est désormais balayé. En quelques semaines, la France a brutalement basculé dans la deuxième vague du Covid-19. Le nombre de personnes contaminées continue inexorablement de grimper et d’aller de record en record. Sur la seule journée de dimanche, 52.000 nouvelles contaminations ont été recensées, soit près de 6.600 de plus que le précédent record qui datait de la veille.

Le gouvernement tente, tant bien que mal, de briser la courbe des contaminations. Deux Français sur trois sont désormais soumis à un couvre-feu nocturne. Au total, 54 départements en plus de la Polynésie , sont concernés. Des mesures plus dures semblent désormais inévitables. Plusieurs scénarios pourraient être envisagés.

1. Durcir le couvre-feu
Les mesures déjà prises « seront peut-être renforcées si elles ne sont pas suffisamment efficaces », a averti vendredi Emmanuel Macron à l’issue d’une rencontre avec les équipes du centre hospitalier René-Dubos de Pontoise (Val-d’Oise). Deux pistes ont notamment été évoquées par le chef de l’Etat, une extension géographique des mesures, ou une action plus précise sur « les lieux et les moments où l’épidémie se propage le plus vite ». Le couvre-feu pourrait ainsi être étendu à l’ensemble de la France, où s’étaler sur un temps plus long.

C’est l’option sollicitée par les médecins de l’Union régionale des professionnels de santé libéraux (URPS) de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « L’élargissement immédiat des horaires du couvre-feu à partir de 19 heures en semaine et l’instauration d’un confinement les samedis et dimanches sont nécessaires », soulignent-ils dans un communiqué. Ce scénario permettrait « de réduire notre vie sociale au maximum », comme a conseillé de le faire le chef de l’Etat. D’autant que la méthode a déjà porté ses fruits. En Guyane, le couvre-feu a d’abord été mis en place entre 21 heures et 6 heures au début, puis il a été resserré de 17 heures à 5 heures du matin. Le week-end, il commençait à 13 heures le vendredi et finissait à 5 heures le lundi. Pendant cette période, le taux de transmission du virus a reculé de 36 %.

2. Confiner les personnes fragiles
Pour d’autres, ces mesures plus restrictives sont déjà trop tardives. Plusieurs voix plaident pour la mise en place de reconfinements adaptés.
Certains scientifiques prônent ainsi une mesure déjà évoquée au printemps : confiner les personnes à risque chez elle. L’option n’avait pas été retenue par le chef de l’Etat. Mais selon l’épidémiologiste Martin Blachier, la seule solution est le reconfinement des personnes les plus fragiles, afin d’empêcher que « le virus rencontre la population qui risque de se retrouver à l’hôpital ». « En phase estivale, la fermeture des bars et le port du masque permettaient à peu près de contrôler l’épidémie. Aujourd’hui, c’est totalement dépassé », avance-t-il.

3. Des reconfinements localisés
Autre solution envisagée pour stopper l’épidémie : des reconfinements localisés. Jean Rottner, président LR de la région Grand-Est, plaide ainsi pour l’ouverture d’une « concertation » avec les corps intermédiaires et les élus locaux pour préparer un « reconfinement adapté » aux situations locales.

Le médecin urgentiste préconise d’« insister plus particulièrement » sur les zones où l’« on a plus de 1.000 cas positifs pour 100.000 habitants ». « Les chiffres sont implacables », souligne-t-il. Dimanche soir, Jean Rottner s’est montré plus affirmatif, disant avoir « la certitude que nous allons vers un confinement ».

L’hypothèse d’un reconfinement est également sur la table pour Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique. Il envisage « un confinement, moins dur que celui du mois de mars », qui « permettrait probablement de conserver une activité scolaire et un certain nombre d’activités économiques », avec un recours accru au télétravail. Ce nouveau confinement « pourrait être de plus courte durée » que le premier et « serait suivi de conditions de déconfinement très particulières, puisqu’on déconfinerait en passant par un couvre-feu », a-t-il détaillé.

4. Le spectre d’un reconfinement généralisé
La dernière solution sur la table est de loin la plus drastique : un reconfinemment généralisé. Et cette hypothèse n’est désormais plus exclue par l’exécutif. « Tout est sur la table », a estimé vendredi Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement. « Il ne faut absolument rien écarter et voir en fonction de l’évolution de l’épidémie ce qu’il faut faire », reconnaissait également vendredi sur Franceinfo le secrétaire d’Etat en charge de la transition numérique, Cédric O.

Emmanuel Macron se veut toutefois rassurant. « Il est trop tôt aujourd’hui pour dire si on va vers des reconfinements locaux ou plus larges », a-t-il souligné vendredi, au lendemain de l’annonce d’une extension des couvre-feux pour freiner la deuxième vague du Covid-19. Une chose reste certaine, il faudra vivre avec le virus « au mieux jusqu’à l’été 2021 ».

Tifenn Clinkemaillie