Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Libération - Covid-19 De l’Estonie à Chypre, de plus en plus de passe-droits sanitaires

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Dans l’Union européenne, des Etats multiplient les laissez-passer pour les personnes vaccinées. Tour d’Europe des mesures, des certificats de vaccination au « Coronapas ».

publié le 16 février 2021

C’est un passeport qui autorisera à voyager, à aller au stade, à voir un concert et même à manger au restaurant. Du moins, c’est la promesse faite au début du mois par le Danemark, qui ambitionne de lancer cet été un « Coronapas » numérique, donnant plus de droits aux personnes vaccinées. En attendant, un registre en ligne devrait être publié dans les prochaines semaines pour permettre d’attester de son statut vaccinal. « C’est fondamental si nous voulons recommencer à exporter, à faire du commerce, à voir les hommes et femmes d’affaires se rencontrer », a insisté le ministre des Affaires étrangères, Jeppe Kofod.

En Europe, le passeport vaccinal divise encore, ses opposants soulevant des risques de discrimination et d’atteinte à la vie privée. Mais depuis le début de l’année, les initiatives nationales semblables à celle portée par Copenhague se sont multipliées. La Suède a emboîté le pas de son voisin début février et annoncé un dispositif très similaire, qui devrait être opérationnel en juin. En Pologne, une version simplifiée du passeport vaccinal existe déjà : tous ceux qui ont reçu la double injection du vaccin peuvent télécharger une attestation sous forme de QR code. La Grèce a de son côté signé un accord avec Israël la semaine dernière qui va permettre à leurs citoyens de voyager sans restrictions entre les deux pays s’ils ont été vaccinés. Chypre vient d’annoncer un accord identique.

Au Nord, la volonté de relancer toute l’économie ; au Sud, le tourisme
Le camp des pro-passeport vaccinal rassemble deux groupes de pays assez différents. Les Etats du Nord – plutôt efficaces sur leur campagne d’injection, avec 6,9 % de la population vaccinée au Danemark et 5,6 % en Pologne, par exemple, contre 4,9 % en moyenne dans l’UE – le voient comme un instrument pour relancer l’économie dans son ensemble. Les Etats du Sud, très dépendants du tourisme, le prennent surtout comme un moyen de faciliter les voyages internationaux. Sans avoir encore annoncé de mesures, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et Malte se sont déclarés en faveur d’un dispositif européen. L’Association des hôteliers et restaurateurs maltais incite aussi le gouvernement à maintenir en parallèle la possibilité d’entrer sur l’île avec un simple test négatif, pour ne pas limiter le tourisme aux plus de 65 ans, qui seront probablement les seuls à avoir été massivement vaccinés d’ici la saison estivale.

Aujourd’hui, un certificat de vaccination permet déjà de franchir quelques frontières plus facilement. La Roumanie, la Pologne et l’Estonie (qui travaille avec l’OMS à la création d’un passeport sanitaire numérique et universel) autorisent les personnes vaccinées à entrer sur leur territoire sans avoir à fournir de test ou à subir une quarantaine. Chypre devrait faire de même à partir de mars. A l’inverse, le Danemark et la Suède imposent toujours test et quarantaine aux personnes vaccinées.

Dans ce contexte, les pays réticents à un tel document se font de moins en moins nombreux. La France, l’Allemagne et les Pays-Bas s’opposent encore clairement à l’idée d’un dispositif à l’échelle de l’Union. La Roumanie a, elle, franchi le pas. Alors que le président, Klaus Iohannis, expliquait en janvier qu’un passeport vaccinal « diviserait la population européenne en deux », Bucarest discute désormais avec Israël pour trouver un accord comparable à celui signé entre Tel-Aviv et Athènes. Même dans les pays opposés au passeport, l’idée fait son chemin. Au Royaume-Uni, tout juste sorti de l’UE, des projets de certificats privés de vaccination sont à l’étude.