Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Libération - Covid-19 : l’OMS appelle à ne pas « baisser la garde »

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

L’Organisation mondiale de la santé maintient le niveau d’alerte maximal face au Covid-19. Le virus circule toujours beaucoup dans le monde, de nouveaux variants apparaissent et la diversité des effets de long terme sur la santé restent mal connus.

publié le 13 avril 2022

« La situation est loin d’être terminée concernant la pandémie de Covid-19. » Le président du comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le Covid-19, Didier Houssin, essaie de ramener l’attention des dirigeants internationaux sur la crise sanitaire. Son comité est « unanime », ce n’est pas « le moment de baisser la garde ». L’OMS, elle, reste donc à son niveau d’alerte le plus élevé sur le sujet. Alors même que beaucoup de pays, comme la France, ont levé quasiment toutes les mesures barrières contre la circulation du virus.

L’impression de sortie de crise est peut-être due aux chiffres épidémiologiques qui vont dans le bon sens au niveau mondial. Selon le dernier rapport hebdomadaire de l’OMS, le nombre de cas de Covid est en baisse de 24%, la troisième semaine consécutive de recul. Le nombre de morts a aussi reculé (-18%). Pour autant, « le temps de la relaxation vis-à-vis de ce virus n’est pas venu, pas de faiblesse dans la surveillance, les tests et le reporting, pas de laxisme dans les mesures de santé publiques et sociales et pas de démission s’agissant de la vaccination », exhorte Didier Houssin. En France, le nombre de cas stagne, mais les hospitalisations liées au Covid-19 continuent lde grimper, frôlant les 25 000 patients.

L’OMS regrette la levée des mesures barrières dans plusieurs pays. Cela pourrait conduire à « éroder la confiance du public » et à rendre difficile leur retour, si un nouveau variant le nécessitait. Par ailleurs, l’institution note que le suivi de l’épidémie est « compromis » par « la réduction significative des tests ». Bref le monde risque d’avancer dans le noir à tâtons, alors que la circulation encore très élevée du virus n’est pas porteuse d’espoir.

La fabrique de variants toujours active

La principale crainte est donc l’apparition d’un nouveau variant encore plus dangereux. Après plus de deux ans de pandémie, le mécanisme commence à être connu : plus le virus circule, plus les variants apparaissent. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit meilleur que celui en place. Ainsi Tulio de Oliveira, le scientifique sud-africain qui avait lancé l’alerte concernant omicron, affirme avoir identifié deux nouveaux sous-lignages d’omicron, appelés BA.4 et BA.5. Pour le moment, il affirme que leur profil épidémiologique ne semble pas dangereux. En France, le sous-lignage BA.2 a pris le pas sur la première version du variant omicron et est probablement en partie responsable du rebond épidémique printanier que nous connaissons.

La période actuelle a aussi vu émerger un nouveau type de variants. Appelés recombinants, il s’agit d’un mélange des variants delta et omicron. Ils s’appellent XA, XB, XC, etc. En France, le plus présent à un nom qui prête à sourire, XD. 54 cas avaient été identifiés en France, au 23 mars, selon Santé publique France. Pour le moment aucun de ces variants ne semble pouvoir modifier drastiquement la circulation du virus. Selon les analyses de l’OMS et de l’Agence sanitaire britannique, le recombinant XE aurait une transmissibilité modérément supérieure à BA.2 de 1 à à 20%.

Derrière la mortalité, la question de la morbidité
C’est l’angle mort de l’épidémie de Covid-19 : les séquelles à long terme. Et pour cause, ce virus étant nouveau, on ne sait rien de ses conséquences sur la santé. Par exemple, on sait que le virus responsable de la varicelle peut se réactiver plusieurs années après l’infection et créer des zonas.

Concernant le Covid-19, le Covid long a rapidement été détecté. Des patients ont montré des symptômes plus de trois mois après une infection, même bénigne. Mais la recherche continue d’avancer. Il est démontré que le virus du Sars-Cov-2 a été détecté dans beaucoup d’organes : cerveau, intestins, poumons, etc.

Petit à petit, les dégâts qu’il peut y causer sur la santé à moyen et long terme commencent à être documentés. Une étude « fournit des preuves que le risque de maladies cardiovasculaires » un an après un Covid sévère est « substantiel ». Idem pour les reins. Une analyse des données de 200 000 patients trouve même un risque accru de développer un diabète dans l’année après le Covid. Ces résultats doivent encore être confirmés, tout comme ceux sur les conséquences potentielles sur le système nerveux, mais tous ces signaux d’alerte invitent à la prudence avant de considérer le Sars-Cov-2 comme un virus endémique avec lequel il faut « vivre » sans trop se protéger.