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Libération - Covid,l’Allemagne se jette dans la vaccination pour tous

il y a 2 semaines, par Info santé sécu social

Tandis que l’AstraZeneca, désormais accessible à tous à Berlin, s’arrache, Angela Merkel a annoncé la fin du principe de priorisation au niveau national le 1er juin.

publié le 29 avril 2021

Chez le docteur Schulz (1), dans le quartier de Prenzlauer Berg à Berlin, le téléphone ne cesse de sonner. « Avec AstraZeneca, nous sommes débordés. Et je ne vous parle même pas du nombre de mails que nous avons reçus. Des centaines ! » raconte l’assistante du cabinet.

Depuis que le Sénat de Berlin a rendu l’AstraZeneca (et seulement lui) accessible à tous, le 22 avril, c’est la ruée chez les docteurs. On se refile les bons plans, en mode « Mon médecin traitant a encore des doses. Appelle de ma part ». Si bien qu’on déplore maintenant à Berlin une pénurie de doses de ce vaccin dont la réputation avait pourtant été très entachée par de rares cas de thromboses mortelles. Les stocks s’accumulaient, au point qu’ils risquaient d’être jetés.

D’autres régions ont suivi l’exemple de la capitale : la Bavière, la Saxe, la Hesse et le Mecklembourg ont ouvert la vaccination à tous pour le sérum anglo-suédois, même si le ministère de la Santé continue de le recommander aux plus de 60 ans.

« Vaccinez les profs »
Surtout, après une nouvelle réunion avec les Länder, lundi, Angela Merkel a annoncé que le principe de la priorisation serait levé en juin pour tous les vaccins. « Cela ne signifie pas que tout le monde pourra se faire vacciner immédiatement, a rappelé la chancelière. Mais chacun d’entre nous sera en mesure de prendre un rendez-vous. »

Pour beaucoup de médecins, pour qui la priorisation était parfois perçue comme une contrainte, c’est le soulagement. « Ils sont les mieux placés pour savoir qui a besoin d’un vaccin parmi leurs patients », se félicite Klaus Reinhardt, président du Conseil de l’ordre des médecins (BÄK).

Dans l’enseignement, la priorisation, décidée le 23 février au niveau national, a surtout permis aux profs de prendre des rendez-vous. Ils ne sont pas encore vaccinés pour autant, car il existe d ‘autres groupes prioritaires avant eux. Mais avec la vague de réouverture des écoles mi-avril, le syndicat des enseignants (GEW) réclame une priorité absolue. « Vous décidez d’ouvrir les écoles, alors vaccinez les profs ! » a réclamé Marlis Tepe, la présidente du GEW.

Dispenses de test

Les Allemands discutent maintenant âprement des assouplissements dont pourraient bénéficier les personnes immunisées contre le Covid-19. Selon le gouvernement, il est possible que les personnes vaccinées soient bientôt dispensées de test pour entrer dans les magasins non-essentiels ou chez le coiffeur, mais aussi de quarantaine après un voyage à l’étranger. Le port du masque et la distanciation sociale devront continuer à être respectés.

La Bavière a anticipé le mouvement en annonçant l’entrée en vigueur immédiate des dispenses. « On ne peut pas traiter de la même manière les non-vaccinés et ceux qui ont reçu deux injections, estime Markus Söder, dirigeant de la Bavière. Il faut que le message passe dans la population : ça vaut la peine de se faire vacciner. »

L’Allemagne parie toujours sur l’immunité collective avant la fin de l’année. Angela Merkel a répété lundi que tous les Allemands auront la possibilité d’avoir au moins une première injection cet été (23 % actuellement), c’est-à-dire juste avant les élections du 26 septembre. Sa dernière promesse politique avant de tirer sa révérence.

(1) Le nom a été modifié.