Le droit à la santé

Libération - DÉSERT OBSTÉTRIQUE 1,6 million de femmes en manque de sages-femmes sur leur territoire

24 janvier, par Info santé sécu social

Par Anaïs Moran — 24 janvier 2019 à 15:01

Selon une étude dévoilée ce jeudi par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, la France compte encore 13 000 communes considérées comme « sous-denses » en sages-femmes malgré le nombre exponentiel de praticiennes.

1,6 million de femmes en manque de sages-femmes sur leur territoire
1,6 million de femmes souffrent en France de l’absence de sages-femmes dans un environnement géographique proche. Parmi les dizaines de statistiques et autres pourcentages dévoilés ce jeudi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) concernant l’accessibilité de la population aux professionnels de santé, ce chiffre relatif à l’obstétrique sort du lot, et pour cause : malgré une réelle amélioration du maillage territorial des sages-femmes opérée ces dernières années (entre les 10% des habitantes les mieux dotées et les 10% les moins bien loties, l’écart s’est réduit de 27% entre 2013 et 2017) et une nette croissance des effectifs des sages-femmes libérales (+3% par an entre 1999 et 2017), la problématique des déserts obstétriques subsiste et concerne aujourd’hui encore 13 000 communes et plus d’un million et demi de Françaises.

Selon cette étude, certaines femmes cumulent d’ailleurs les problématiques d’éloignement puisque 167 000 d’entre elles résident à fois « dans une commune sous-dense en sages-femmes » (une commune est catégorisée comme sous-dense si sa population fait partie des 12,5% de la population française ayant l’accessibilité la plus faible) mais également à « quarante-cinq minutes ou plus de la maternité la plus proche ». Entre 1995 et 2016, le nombre de maternités a diminué de 39%, passant de 816 établissements à 517 sur le territoire métropolitain.

Cette addition de difficultés concerne majoritairement les communes hors aire urbaine, qui rassemblent à elles seules 55% des personnes trop éloignées de l’accessibilité aux soins. En retenant le seuil à « trente minutes de la maternité la plus proche », le champ des communes présentant cette double incommodité s’élargit aux communes rurales de la couronne des grands pôles, qui rassemblent 18,7% de la population. Un cumul d’inconvénients « qui peut entraîner des difficultés de suivi de grossesse » comme a tenu à le rappeler la Drees.

Anaïs Moran