Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Libération - Reconfinement. Macron sans « mea culpa » ni « tabou »

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

A l’issue d’un conseil européen consacré en particulier à la question des livraisons de vaccins aux différents pays de l’UE, le chef de l’Etat a préparé les Français à devoir prendre « sans doute », de « nouvelles mesures » pour endiguer une troisième vague épidémique.

par Lilian Alemagna

Il assume. Tout. Interrogé jeudi soir à la sortie d’un conseil européen organisé en visioconférence, Emmanuel Macron s’est refusé à reconnaître la moindre erreur dans sa gestion de la crise sanitaire alors que l’épidémie de Covid-19 flambe dans une grande partie nord du territoire, que les hôpitaux d’Ile-de-France et des Hauts-de-France débordent et que son gouvernement attend encore quelques jours pour constater les effets des mesures annoncées la semaine dernière par le Premier ministre Jean Castex.

« Est-ce que le 29 janvier, nous aurions dû confiner le pays ? s’est faussement interrogé le chef de l’Etat. Nous en avons fait l’expérience collective et donc je peux vous le dire, nous avons eu raison de ne pas confiner la France à la fin du mois de janvier, parce qu’il n’y a pas eu l’explosion prévue par tous les modèles. » Contrairement à la chancelière allemande Angela Merkel qui s’est excusée, cette semaine, pour avoir annoncé aux Allemands, (avant d’y renoncer) de nouvelles restrictions pour Pâques, le Président français n’a pas du tout choisi ce registre de la contrition.

« Toutes les mesures utiles en temps et en heure »
« Je n’ai aucun mea culpa à faire, ni aucun remords, ni aucun constat d’échec, a-t-il ajouté. Nous avons eu raison de le faire. » Pour lui, en rester en début d’année à des « mesures de couvre-feu » et de « freinage » quand les épidémiologistes préconisaient de reconfiner tout ou partie de la population avant que le variant anglais ne devienne majoritaire dans le pays et ne fasse les dégâts qu’il fait actuellement dans plusieurs dizaines de départements, « c’était un risque ». « Nous pouvions faire face sans qu’il y ait de flambée. C’est ce qu’il s’est passé », s’est félicité Macron avant de répéter, une fois de plus, combien le gouvernement a « eu raison » de « ne pas prendre de mesures de fermetures » fin janvier ou « ensuite d’apporter des premières mesures de freinage » sans aller jusqu’à restreindre les déplacements en journée des habitants des zones concernées.

Mais face à l’actuelle « accélération » de l’épidémie qui fait des victimes de plus en plus jeunes, faut-il en rester là ou bien aller au-delà des « mesures de freinage supplémentaires » - Macron se refuse à employer le mot « reconfinement » - étendues dès demain à trois autres départements (le Rhône, la Nièvre et l’Aube) ? « En fonction de l’évolution de cette épidémie, nous prendrons toutes les mesures utiles en temps et en heure. Et il n’y a, à mes yeux, aucun tabou, affirme-t-il. Nous devons, à chaque fois, avoir la réponse la plus adaptée. » Assurant qu’il saura faire preuve de « pragmatisme » et promettant aux personnels soignants de « ne jamais les mettre face à des choix éthiques qui n’ont jamais été les nôtres », c’est-à-dire de décider entre deux patients lequel à le plus de chances de survie donc a droit d’entrer en salle de réanimation, il a expliqué vouloir aussi prendre en compte « la santé mentale », en particulier celle des plus « jeunes ».

« Autour du 20 avril, on passera un premier cap »
La France va-t-elle connaître dans les prochains jours un troisième vrai confinement alors que les doses de vaccins n’arrivent pas suffisamment vite et en nombre pour endiguer cette troisième vague épidémique ? « Sans doute, dans les prochains jours, les prochaines semaines, nous aurons des nouvelles mesures à prendre, a-t-il lancé. On les prendra tous ensemble, à la lumière des faits, en étant transparents. » D’ordinaire très prolixe sur sa « fierté » de n’avoir pas refermé les écoles depuis la fin du premier confinement à l’inverse de plusieurs de nos voisins européens, Emmanuel Macron ne s’est pas du tout étendu, ce jeudi soir, sur la question des écoles. Il a préféré, avant de conclure, s’attarder sur la « perspective raisonnable d’espoir » qu’est « la vaccination ». Le chef de l’Etat a rappelé, à l’instar du Premier ministre cette semaine et du ministre de la Santé, Olivier Véran quatre heures avant lui, qu’à la « mi-avril », « les plus âgés et les plus vulnérables » sont censés être vaccinés. Cela représente, a insisté Macron, les « trois quarts de nos concitoyens qu’on trouve aujourd’hui dans nos réanimations ». « Autour du 20 avril, on passera un premier cap », a indiqué le Président. En un mois, l’épidémie a le temps de faire des dégâts.