Industrie pharmaceutique et biologie médicale

Libération - Sanofi va supprimer 400 postes dédiés à la recherche

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

L’information a été révélée par France Inter ce lundi. Une décision incompréhensible pour les syndicats, qui appelaient déjà à la grève dès mardi sur des questions salariales.

Une suppression de postes jugée « inacceptable ». Au premier plan dans la crise du Covid, Sanofi a annoncé aux syndicats que 400 emplois destinés à la recherche pharmaceutique allaient être supprimés, selon une information dévoilée par France Inter ce lundi. Une décision jugée incompréhensible par son ampleur et son calendrier, alors que le groupe peine à finaliser la fabrication d’un vaccin contre le Covid.

« C’est en tout cas notre directeur général lui-même qui nous l’a confirmé ces derniers jours. Et clairement, ce n’est pas acceptable », enrage le syndicaliste CGT de Sanofi Thierry Bodin, cité par France Inter. Le plan de départs confirme la fonte des effectifs chez le géant du secteur de la santé ces dernières années, notamment dans le domaine de la recherche, une nouvelle fois ciblé. En treize ans, les effectifs en recherche et développement (R&D) ont diminué de moitié, passant de 6 000 à 3 000 postes.

La tendance s’est accélérée depuis la prise de fonction en septembre 2019 de Paul Hudson en tant que nouveau dirigeant de la boîte. La direction de Sanofi indique « qu’il n’y a là aucune surprise », rapporte France Inter, sans confirmer le chiffre de 400 suppressions. Sanofi rappelle toutefois ses annonces de juin 2020. A l’époque, le groupe prévenait qu’il comptait se séparer de 1 700 postes dans toute l’Europe, dont un millier rien qu’en France. « Les coupes à venir s’inscrivent dans ce plan de départs volontaires », assure-t-on du côté de la direction.

Appel à la grève dès mardi

Les équipes, tous secteurs confondus, sont appelées par les syndicats à débrayer ce mardi afin de protester contre ce plan de suppressions, ainsi qu’au sujet de la hausse des salaires réclamée par les organisations syndicales. « En mars, l’année dernière, la direction a vanté le travail des équipes, leur répétant ô combien elle était fière du travail accompli au nom de l’intérêt général, pour la santé des gens du monde entier. La réponse, au moment des négociations salariales, a été de leur dire : "Zéro." Alors, ça suffit », s’agace Florence Faure, coordinatrice de la CFDT également interrogée par France Inter.

Ce plan de suppressions drastique intervient alors que le député LFI François Ruffin réclamait jeudi une commission d’enquête à l’Assemblée nationale sur les raisons du retard dans le développement d’un vaccin anti-Covid par Sanofi et de la « casse » du laboratoire français « depuis une décennie ».