Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Libération - Vérification. Castex voit les variants régresser, mais où regarde-t-il ?

25 avril, par Info santé sécu social

Le Premier ministre a affirmé ce dimanche que les variants sud-africain et brésilien « régressent » en France. Les données publiques sur le sujet sont moins affirmatives.

Selon Jean Castex, « les variants [sud-africain et brésilien du Covid-19] sont très peu nombreux et ont tendance à régresser ». Mais nous sommes bien en peine de trouver les données sur lesquelles le Premier ministre se base pour lâcher cette petite phrase lors de son déplacement à l’aéroport de Roissy.

Quelques heures après sa sortie, Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, cassait l’ambiance dans un tweet, évoquant une « inquiétante évolution des variants brésilien (P1) et sud-africain en Ile-de-France ». Sur son graphique, on voit bien la part des variants augmenter légèrement au niveau national et fortement dans la région francilienne.

Cette courbe à la hausse, tirée du site de partage des données de Santé publique France appelé Géodes, est elle-même contredite par le dernier point épidémiologique du 22 avril, dans lequel il est écrit que la proportion des « suspicions de variant 20H /501Y.V2 [sud-africain, ndlr] ou 20J /501Y.V3 [brésilien] » est stable et représente « 4,2 % » des échantillons.

Sortie non sourcée

Mais Jean Castex va plus loin qu’une stagnation, il parle de régression. Peut-être a-t-il accès aux données consolidées de l’enquête Flash 6 et aux données préliminaires de la 7 que SPF promet pour la semaine prochaine ? Dans l’attente de leur publication, on peut se tourner vers les données de Gisaid, le site sur lequel les scientifiques publient les séquences des virus qu’ils analysent. Les proportions de variants sud-africain et brésilien y apparaissent faibles, mais avec des dynamiques inverses : une lente décroissance pour le premier et une apparition rapide pour le second.

Cette sortie non sourcée du Premier ministre intervient trois jours après la conférence catastrophique de jeudi. Le locataire de Matignon avait alors montré un graphique sur la situation des différents pays européens, omettant la courbe française. Par ailleurs, ne s’intéresser qu’aux seuls variants brésilien et sud-africain, c’est oublié les autres existants (l’indien, le breton, le « Henri-Mondor ») et ceux qui pourraient advenir en raison de la forte circulation du virus.